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Réaction Sauvage

[Texte paru dans La Mauvaise Herbe vol.14 n 1]

http://anarchieverte.ch40s.net/wp-content/uploads/PDF/MH_14.pdf

Individualités Tendant au Sauvage devient Réaction Sauvage

C’est au mois d’août 2014 qu’est paru un communiqué signé « Groupuscule “Tuer ou Mourir”» annonçant « une nouvelle phase dans cette guerre ouverte contre le Système Techno-industriel » par la fusion des groupes d’Individualités tendant au sauvage avec une dizaine de groupes actifs dans le sabotage et l’attaque depuis plusieurs années au Mexique [1].

Le communiqué annonce de ce fait la fin d’ITS et le début de Reacción Salvaje (RS), un regroupement de groupuscules autonomes :

« Auparavant, certains (mais pas tous) des groupes qui ont adhéré à RS, furent composés exclusivement d’ “écoanarchistes” et d’ “écologistes radicaux”. Maintenant, RS se compose de saboteurs nihilistes, de nomades incendiaires, de délinquants individualistes, de terroristes anarchistes, de critiques politiquement et moralement incorrects, c’est-à-dire RS est un groupe d’affinités qui sommes prêtes à tout ce qui est nécessaire pour obtenir ce que nous voulons… et ce que nous voulons c’est la déstabilisation du système et punir directement les responsables immédiats de l’assujettissement de la nature sauvage (incluant humaine). »

Comme avec ITS, RS prend le soin de rejeter les « étiquettes usées et déformées » comme « anti-civilisation » « primitivistes », « anarchistes », « anti-technologie », « luddites », et s’affirme en tant que tendance unique.

« RS n’est pas représenté par Kaczynski, ni Último Reducto, ni Zerzan, ni Derrick Jensen, ni aucun autre avec l’étiquette (d’apparents) “primitivistes”.

Pas plus que la Fédération anarchiste informelle (FAI), ni la Conspiration des cellules du feu (CCF), ni Feral Faun, ou tout autre qui porte l’étiquette “écoanarchistes” ou “cellule anti-civilisation de…”.

RS et ses groupuscules se représentent seuls. »

Une distance est aussi réaffirmée vis-à-vis les positions révolutionnaires de Ted Kaczynski et ses « disciples », tels que Último Reducto, Ediciones Isumatag et Anónimos con Cautela [2] :

« Bien que nous ayons appris beaucoup de choses à la lecture de “La société industrielle et son avenir”, les textes postérieurs à celui-là et les lettres précédentes signées Freedom Club, cela ne signifie pas que nous sommes ses adeptes […] nous ne nous considérons pas des révolutionnaires ni nous ne voulons former un mouvement “anti-technologie” qui incite au “renversement du système dans son ensemble”, nous ne voyons pas cela viable, nous ne voulons pas la victoire, nous ne prétendons pas gagner ni perdre, ceci est une lutte individuelle contre la mégamachine. Cela ne nous importe pas d’obtenir quelque chose de positif de tout ça, nous sommes tout simplement guidés par nos instincts de défense et de survie. 

Nous sommes pour le rejet de l’artificialité et de la réalité moderne. Nous renions les valeurs du système telles que le sont “égalité”, “solidarité promiscue”, “paix”, “progrès”, “pluralité”, “humanisme”, etc. »

Les disciples de l’oncle Ted

Un texte de RS  portant le titre Quelques réponses à propos du présent et NON du futur [3], en guise de réponse à un texte des Éditions Isumatag [4] qui critique les positions d’ITS sur les possibilités d’une révolution antitechnologique, élabore sur la différence « qui existent entre les critiques du système technologique-industriel, spécifiquement entre ceux qui défendent et s’obstinent à la création d’un “mouvement organisé capable de contribuer au renversement d’un tel système”, et ceux qui comme nous ne cherchent pas cela, mais plutôt à attaquer le développement du progrès du dit système, dans le moment présent, en tendant à le déstabiliser. »

RS remet en lumière les arguments de Kaczynski, avec des citations reprises de La société industrielle et son avenir, selon quoi les révolutions russe et française, bien qu’ayant fracassé dans l’atteinte de leurs sociétés désirées, sont des exemples de succès dans leur destruction des sociétés auxquelles elles s’opposaient avec des idées et valeurs nouvelles ayant fomenté durant la période de crises et de tensions prérévolutionnaire, et que l’objectif du révolutionnaire anti-technologique est de détruire la société existante.

RS réplique qu’il y eut bien d’autres exemples de révolutions dans l’histoire à part les deux mentionnés et qu’aucune ne s’est transmise mondialement, comme le voudrait la proposition de Freedom Club d’une révolution anti-technologique internationaliste, mis à part la révolution industrielle :

« [L]a seule révolution qui a triomphé mondialement (et plus loin encore, avec l’arrivé de l’homme sur la Lune et prochainement sur Mars), dans sa mission de détruire les valeurs et instincts de la nature humaine sauvage et perpétuer une nouvelle société basée sur l’artificialité, l’industrialisation et la technique avancée, fut l’industrielle.

[…]

Ni le plus résistant des communistes internationalistes ni le dictateur le plus totalitaire n’ont pu étendre leurs “révolutions” internationalement. Les “révolutionnaires antitech” pourraient-ils, eux, réussir le contraire? Pourraient-ils renverser le système techno-industriel mondialement? Grâce à une crise mondiale? 

[…] [P]eut-être que ces “révolutionnaires” pensent qu’ils sont les seuls qui espèrent l’effondrement pour atteindre leurs objectifs… rien de plus éloigné de la réalité. Il y a aujourd’hui plusieurs groupes qui attendent cette opportunité, des groupes politiques et économiques d’une puissance à laquelle ces “révolutionnaires” ne peuvent en rien s’y comparer […] [et] qui attendent que le système soit faible pour le faire tomber et prendre sa place. »

Pour RS, les stratégies de ceux qui concordent avec Kaczynski ne sont basées que sur des considérations idéalisées et purement spéculatives d’un hypothétique futur mouvement révolutionnaire anti-technologique qui présuppose des conditions idéales convergentes; si certaines conditions se présentent, si il y a une crise mondiale suffisamment grande, si il existe un mouvement antitech d’une ampleur et d’une présence tel qu’au moment de l’hypothétique crise il ne soit pas écrasé par des intérêts rivaux ou simplement coopté, etc.

« Ainsi, en conclusion, la base stratégique pour la grande révolution c’est la supposition, le “peut-être que”, “espérons que”, “il se pourrait”, “dans le meilleur des cas”, “ça dépend”, c’est-à-dire, rien de concret, tout en l’air.

[…]

Les “révolutionnaires”, qu’ils ATTENDENT, pendant qu’ils se PRÉPARENT pour l’énorme crise globale, nous, nous n’attendons rien de telles idéalisations futuristes, nous nous basons dans le présent, le présent qui nous démontre qu’autant notre essence d’humains naturels comme celle de la nature sauvage en générale est en train d’être réduite à la domestication, l’obéissance, l’assujettissement au système techno-industriel et aux valeurs de sa société. Et en réaction à ça, la résistance armée est fondamentale. »

Un mouvement sans le vouloir ?

Depuis l’apparition d’ITS (et sa transition à RS) on trouve des traductions de leurs communiqués en plusieurs langues (voir War On Society et Contra Info) ainsi que quelques projets de diffusions de même tendance [5]. De plus, deux autres groupes avec des positions et un discours très proche de RS sont apparus au Chili et en Argentine, se dénommant Comportamientos terroristas-salvajes et Conductas Incivilisadas [6], respectivement. Tout ça motiva RS à publier un court communiqué  encourageant leurs nouvelles affinités et toutes les personnes qui se sentent identifié à cette tendance à affiler les critiques et poursuivre la diffusion, l’action et l’éloignement de la vie civilisée par tous les moyens à leur disposition [7], mais en prenant soin de préciser : « ce n’est pas de la solidarité, c’est de la complicité […] ce n’est pas pour la création d’un mouvement, c’est pour le désir constant de déstabiliser ce système. »

Dans une entrevue parue récemment, la revue anarchiste et anticarcérale de Mexico Destruye las prisiones, en émettant plusieurs critiques à propos des positions de RS [8], juge que ces derniers, malgré qu’ils disent le contraire, suivent toutes les étapes pour créer un mouvement (actions politiques, discours analytiques et politiques, propagande, etc.). Des groupuscules de RS répliquèrent, dans un texte qu’ils publièrent en réponse aux critiques de DP [9], que malgré l’agréable surprise de l’existence d’affinités plus répandues que ce à quoi ils s’attendaient, ils n’ont jamais eu l’intention d’impulser un mouvement ni ne comptent là-dessus, mais qu’ils sont plutôt victimes de la causalité.

« Mais si un jour un mouvement venait à se solidifier et que nous étions encore en vie, nous voudrions que ce mouvement soit si destructeur et menaçant que seulement en le mentionnant les progressistes tremblent de peur.

Depuis le début nous avons décidé de revendiquer nos actes par devoir individualiste et par le simple fait qu’ils sont les nôtres. Nous ne voulions pas que d’autres se les attribuent ou qu’ils soient considérés comme des mauvais coups ou quelque chose en relation avec des gangs ou les narcotrafiquants. Depuis, nous avons rendu publiques nos critiques, et maintenant nous pouvons percevoir une avancée importante au sein de cette tendance, ce qui nous remplit de fierté. »

Réaction sauvage et les anarchistes

Depuis le premier communiqué de RS il y a eu plusieurs revendications d’actions de la part de ses groupuscules [10]. Et c’est une revendication de participation dans l’attaque hautement médiatisée contre le Palais National lors des manifestations causées par la disparition de 43 étudiants d’Iguala qui a le plus retenu l’attention des journaux mexicains, mettant RS à l’avant plan comme exemple de groupes « anarchistes/terroristes » présents au Mexique et qui infiltrent les mouvements et les manifestations, une continuation des articles de pseudo-enquête sur les anarchistes qui pullulent dans les journaux là-bas ces dernières années et qui servent à relayer les déclarations de la police et créer de la confusion au sujet de la multitude de groupes et d’individus entreprenant des actions armées sur le territoire.

Dans leur revendication de participation à l’attaque contre le Palais National, les groupuscules « A feu et à sang » et « Danse de guerre » précisent que leur intention n’avait rien à voir avec la solidarité ou la demande de justice et que leur unique motivation était plutôt de s’infiltrer dans la manifestation pour aider à provoquer l’escalade de la violence entre la foule et les forces de l’ordre « Pour la déstabilisation du système techno-industriel pourri ! »

Suite à ces nombreux articles les assimilant a des groupes anarchistes, quelques groupuscules de RS profitèrent de l’occasion pour réaffirmer que « RS N’EST PAS UN GROUPE ANARCHISTE » et exposer leur positionnement face à la crise sociale au Mexique, dans un communiqué portant le titre Réaction sauvage et les anarchistes [11] :

« À différence des anarchistes de tendance insurrectionnaliste qui ont participé aux émeutes et autres actions récentes de violence, RS n’incite pas à aggraver la crise pour l’ “insurrection”, notre projet est éloigné de cette dite stratégie. Comme nous l’avions déjà dit, nous tendons vers la déstabilisation qui aiguise les tensions sociales, parce que nous voulons voir la destruction et l’effondrement de ce système et sa société, parce que nous nous sommes positionnés dans la vie comme individualistes qui, avant de se soumettre à une suradaptation à ce milieu artificiel, préférons lui faire la guerre et pousser le conflit social vers le précipice pour rendre coup pour coup au système qui a subjugué le sauvage et le naturel pendant des siècles […] C’est clair, nous ne voulons inciter à aucune “révolution” puisque celles-ci finissent toujours par se pervertir. Nous nous centrons dans le présent, et si nous avons l’opportunité d’implanter le chaos, nous le ferons, simplement.

[…]

Pour la société civile, ceux qui sortent des limites imposées dans les manifestations, corrompues par des émeutes, sont appelés provocateurs, groupes de choc, infiltrés, etc. Pendant des années, certains anarchistes ont essayé de blanchir leur nom en démontrant que leur utilisation de la violence n’est qu’en réponse à la violence de l’État. En comparaison, pour RS il n’y a aucun intérêt à démentir les autres sur la question des infiltrés, parce que RS se caractérise ainsi, comme un groupe provocateur, extrémiste et saboteur. Un groupe qui a démontré que non seulement il peut transgresser la choquante coexistence pacifique d’une manifestation, mais qu’il peut aussi multiplier son modus operandi, de par l’organisation de ses membres en groupuscules définis, se revendiquant d’une tendance qui s’éloigne des politicailleries et des discours ressassés à la mode rebelle, affirmant notre pouvoir individuel contre les masses conformes et non conformes, en nous positionnant ainsi contre la Civilisation qui fait que le Système Techno-industriel suit son cours en détruisant la nature sauvage. »

Dans ce même texte, plusieurs arguments des communiqués d’Individualités tendant au sauvage qui expliquent déjà pourquoi ils se dissocient de l’anarchisme et des valeurs véhiculées dans ses sphères sont repris et cités [12] ; sur le rejet d’une révolution sociale qui a pour but la création d’une nouvelle société basée sur des valeurs progressistes telles que la solidarité, l’appui mutuel et les droits égaux identifiés en tant que valeurs au service de la stabilité du système techno-industriel ; sur l’idée de l’autorité comme mal en soi, donnant comme exemple les personnes âgées et les membres de la famille dans les tribus primitives comme figures d’autorité pouvant être désirables ; sur le rejet de la loi et de l’ordre, argumentant que la nature répond à des « lois » et un « ordre » ; à propos de la propriété, considérant que la liberté appartient à l’individu comme le sont les objets qui ont été acquis par son propre effort.

Dans un texte publié postérieurement [13] RS reviennent sur le thème de la liberté, ils expriment que celle-ci a cessé d’exister en tant que possibilité de par l’étendue de l’empiétement de la civilisation et sa destruction des possibilités de la satisfaction de nos besoins physiques, biologiques, culturels, psychologiques et du développement de l’autonomie. Ils citent comme exemple l’extinction des espèces, les Bushmen du Kalahari qui nécessitent maintenant l’apport de l’État pour complémenter leur nutrition, et les dernières tribus isolés de l’Amazonie qui s’affrontent maintenant aux civilisés.

« Il existe divers courants qui donnent leurs propres significations au mot liberté, mais ce ne sont encore que des mots donnant un “sens” à l’autre. Pas besoin d’être ethnologues pour savoir que parmi les diverses cultures et groupes sociaux indigènes qui ont vécu (ou vécurent) en dehors du système, isolés et proches de leurs traditions primitives, il n’y avait pas de mot pour définir la liberté. Pourquoi? Parce qu’ils n’en avaient pas besoin. Nous défaire de ce terme et nous lancer dans la pratique est la meilleure chose que nous pouvons faire, c’est-à-dire, de vivre nos propres vies aussi loin que possible de la civilisation et l’artificialité, nous réapproprier nos propres corps et esprits, volant ce qu’on nous a arraché. Revenir à la simplicité et se retourner pour voir notre digne passé est beaucoup plus pratique et cohérent que d’exulter toute une signification de ce concept. Réellement vivre ce rapprochement à l’état naturel des choses est plus précieux que de défendre des terminologies ambiguës et peu pratiques. »

Destruye las prisiones (DP), dans l’entrevue déjà mentionnée plus haut, critique la position de RS face à un autre point suscité, celui de l’autorité :

« [L]‘observation du développement du monde et de notre propre histoire de domination, nous donne des indications pour reconsidérer les formes de vie que nous menons et choisir la négation des relations de pouvoir, autant les formes de pouvoir les plus brutales qui sont générées dans le monde civilisé que celles qui se génèrent de façon “primitive”. Nous le disons parce que RS a exprimé son point de vue à faveur des relations de pouvoir lorsqu’elles émergent de la communauté primitive. »

À quoi RS répondent :

« [S]i DP se la donnent de connaisseurs de communautés, nous espérons qu’ils savent que les gens qui vivent dans les collines du Mexique sont accoutumés depuis des centaines d’années à des formes de vies qui sont mal vues par les citadins malades de culture occidentale, certaines formes de vies qui sont cataloguées de “brutales”. Par exemple, échanger une femme pour une vache ou quelques porcs est chose commune pour ces indigènes et fait partie de leurs coutumes, de leurs modus vivendi, c’est quelque chose de normal. Alors que pour les moralistes occidentaux (incluant certains anarchistes) c’est quelque chose d’indigne, ils s’agitent et font un tollé quand ils entendent parler de ces choses […] RS ne voit pas cela comme quelque chose de mal, RS respecte le développement et les coutumes de ces gens, c’est pour cela que nous nous exprimons à faveur des relations de pouvoirs dans ce type de communauté, puisque cela ne nous concerne pas d’essayer de les changer. Nous insistons, ce n’est pas que nous soyons « machistes », mais honnêtement, nous ne nous opposons pas à ce type d’attitudes indigènes, bien que les anarchistes vont s’enrager à nous entendre parler ainsi, bref.

Les Espagnols à leur arrivée en Méso-Amérique furent très surpris de voir les modes de vie des Aztèques civilisés et furent pris d’horreur en observant les rituels des Chichimecas sauvages. Ils ont essayé de changer leurs manières par la punition et la mort puisque selon eux elles n’étaient pas “bien”. C’est ainsi qu’avec les anarchistes du genre de DP, tout ce qui sent la relation de pouvoir civilisé ou primitive les amènent à lever la barrière de la négation.

[…]

Nous sommes d’accord avec DP qu’il n’y a pas de société absolue, chaque groupe d’humain sur la terre a développé des modèles de vie en accord avec leur condition, leur environnement et leur caractère. Ce à quoi nous nous référons, c’est que les sociétés primitives, de par l’absence de complexité dans leurs relations sociales, furent beaucoup plus saines que les sociétés modernes. »

Le Sauvage: romantisme idéologique et vérité absolue

Dans ses critiques de RS, Destruye la prisiones affirme que « le discours de RS et leurs semblables à propos du sauvage est un romantisme idéologique émanant d’individus urbains » dont « la plupart des actions […] sont centrées dans la ville » et qui, donc, « ne se retrouvent pas précisément dans la défense de la nature sauvage » puisque « les vraies luttes en défense de la nature se mènent où il y a des forêts, des rivières, des plages et des champs qui sont affectés directement, des luttes qui se mènent dans les villages avec les communautés », mais « qu’à cause de leur idéologie [RS] ne s’approcheraient pas de ces luttes puisque ce serait du gauchisme, et qu’en plus ils sont ultra-individualistes » et « envisagent exclusivement l’attaque armée [sic] comme unique moyen valide, choisi consciemment [de par] leur vision de la vie idéale, celle de chasseur-cueilleur, et de la nature sauvage comme vérité absolue, [puisqu’elles sont] des conceptions anachroniques ».

La réponse de RS est à plusieurs niveaux, précisant d’abord ce que signifie pour eux le Sauvage en trois points : réel, conceptuel et animisme païen.

Le sauvage en terme réel signifie tout ce qui est faune et flore sylvestre, les divers milieux naturels (terrestres et non terrestres), leurs particularités, phénomènes et processus biologiques, ainsi que les instincts humains qui résistent aux habitudes « hyper-civilisés ».

Conceptuellement il s’agit de « tout ce que nous continuons de perdre et que nous revendiquons pour ne pas tomber dans le même jeu des luttes de toujours ». Une forme plus théorique, utilisée dans leurs communiqués et leurs menaces.

Enfin, le terme fait aussi partie des croyances païennes individuelles au sein des groupuscules de RS.

« Alors, lorsque les groupuscules de RS se positionnent du côté du Sauvage, nous nous référons à tout ce qui concerne ces trois points : défendant la Nature Sauvage en tant que telle, revendiquant le terme, et étendant nos croyances païennes en ce qui concerne la spiritualité de nature guerrière. C’est logique que nous ne soyons pas sauvages au sens strict du mot. Lorsque nous nous autoproclamons « sauvages » ou « incivilisés » nous nous référons au Sauvage uniquement comme concept. Quelconque ayant un peu de raisonnement sait que les sauvages ne se mettraient pas à écrire de longs communiqués défendant leurs positions en ce qui attrait à la guerre contre ce système.

[…]

Apparemment DP considère romantique notre posture par rapport au Sauvage, ça ne nous surprend pas, et ce venant de personnes anarchistes qui savent bien que leurs utopies sont encore plus romantiques que celle qu’elles critiquent, une attitude venant des sentiments civilisés de cette société aux valeurs occidentales,  qui comme toujours vient dépouiller de pertinence et d’importance ceux qui se positionnent en faveur du Sauvage et du naturel, cataloguant l’ancien de romantique.

Rappelons : qui furent ceux qui ont catalogué de romantiques les croyances et styles de vie naturels de nos ancêtres sauvages et nomades ? Oui ! Les maudits conquistadores, les idiots franciscains ! »

Pour ce qui est de l’emplacement de leurs actions et leur supposé rejet des communautés qui luttent contre des projets de développement, RS énumèrent des exemples de sabotages menés à terme à l’extérieur des villes et qui furent revendiqués par divers groupes qui le compose aujourd’hui, par exemple des sabotages contre des projets de développement. Ils poursuivent :

« [C’]est vrai que nos attaques ont été plus fréquentes dans les villes, cela met en évidence la mesure de nos possibilités. La lutte contre le système techno-industriel et en défense de la nature se trouve autant dans les villes que dans les milieux naturels, elle ne se concentre pas seulement dans ce dernier comme le prétend DP […] Parce qu’il n’y a pas qu’une seule lutte pour la nature, les stratégies varient, les contextes, les situations, les risques.

[…]

Pourquoi alors RS N’attaque pas le barrage auquel s’oppose la communauté de Temacapulín au Jalisco (par exemple) ? Attaquer une mine ou quelconque projet ayant déjà un historique de résistance communautaire serait intervenir dans un processus de lutte pour la terre et faire pression pour que la police s’en prennent à ces gens, et qui sont déjà très pauvres pour avoir à encore endurer d’autres raclées de la part des autorités. Et nous ne disons pas cela sur un ton moral, mais plutôt stratégique et prudent. C’est pur ça que RS choisit bien ses objectifs. Dans la mesure de nos possibilités, nous attaquons le progrès techno-industriel dans les milieux sauvages et urbains.

Ferions-nous des alliances avec des villages et des communautés si l’opportunité s’offrait de défendre la terre ? C’est clair que nous le ferions, en étant prévoyants et en ne l’affirmant pas aussitôt. Travailler avec les gens des montagnes ne nous cause aucun problème, nous ne considérons pas cela gauchiste comme l’a faussement déclaré (encore une fois) DP. De même que nous défendons notre individualité, de même nous savons vivre en communauté. Avec les années nous avons appris de l’humilité et la simplicité des gens des montagnes, c’est pour cela que RS est maintenant un peu plus respectueux que le fut ITS, pour si quelques-uns l’avaient remarqué. »

Et à propos du Sauvage comme « vérité absolue » :

« Certes, RS tient une vérité absolue et c’est la Nature Sauvage. Grâce à elle nous sommes là, pour elle nous nous battons et pour elle nous mourrons.
Nous ne voulons pas nous détacher d’elle, même en étant civilisés nous maintenons une symbiose avec elle et avec tout le Sauvage. Beaucoup d’anarchistes (pas tous) du genre de DP, ont peur d’être aussi catégoriques à défendre leurs positions parce qu’ils peuvent être catalogués d’intolérants et de dogmatiques. Nous, nous avons perdu cette crainte, nous avons choisi de défendre bec et ongles nos convictions et nos manières éloignées des “normaux”. C’est pour ça que nous revendiquons notre vérité absolue, et c’est pourquoi nous avons fait une bonne part d’ennemis, à être si directs, si sincères.
C’est typique, dans la société (et les groupes de “rebelles”, comme certains anarchistes), on est
habitué au buenismo, à seulement écouter ce qui nous convient, à la « saine convivialité », au mensonge et à l’hypocrisie. Nous ne soutenons pas ces attitudes, nous préférons être tels que nous sommes au lieu de cacher nos véritables opinions et positions. N’en déplaise à certains.
»

 

notes :

[1] Il s’agit de “Grupo Informal Anti-civilización”, “Autónomos Incivilizados”, “Circulo Informal de Antagónicos Individualistas”, “Indómitos Salvajes”, “Células Terroristas por el Ataque Directo – Fracción Anticivilizadora”, “Luddistas contra la Domesticación de la Naturaleza Salvaje”, “NS – Fera – Kamala y Amala”, “Frente de Liberación de la Tierra-Bajío”, “Circulo de Ataque-Punta de Obsidiana”, “Grupo Atlatl”. Les actions qui furent revendiquées par ces groupes dans le passé vont du sabotage de machinerie lourde et la « libération animale », à la menace et les bombes contre diverses institutions étatiques et privées.

[2] Último Reducto a traduit plusieurs textes de Kaczynski à l’espagnol et maintient une correspondance avec lui. Ediciones Isumatag et Anónimos con Cautela sont des projets d’édition des traductions hispanophones de Kaczynski, les textes d’Último Reducto et autres textes anti-technologiques ou anthropologiques d’inspiration similaire.

[3] Algunas respuestas sobre el presente y NO del futuro, 13 novembre 2014, signé par les groupuscules “Matar o Morir”, “Tinta de carbón” et “Manto de piel-Coyote”

[4] Algunas ideas sobre el presente y el futuro, 6 octobre 2014, blog Ediciones Isumatag

[5] Notamment, le blog El Tlatol, la revue Regresión, les publications de Ediciones Aborigen et Matar o Morir Ediciones.

[6] Conductas Incivilisadas on revendiqué plusieurs menaces à la bombe « contre la civilisation » entre 2013 et 2014, dans un communiqué daté du 1 novembre 2014 à Buenos Aires, Argentina. Comportamientos terroristas-salvajes on publié un communiqué, le 24 décembre 2014, où ils s’annoncent comme une menace latente contre le système techno-industriel au Chili.

[7] Pequeño mensaje a las lejanas tribus , 25 de février 2015 , signé par les groupuscules “Manto de piel-Coyote”, “Matar o Morir” et “Aborígenes Infames”

[8] De Venezuela a México: Conectando las intransigencias, entrevue réalisée par l’anarchiste vénézuélien Rodolfo Montes de Oca parue sur Contra Info le 25 février 2015.

 [9] Ya se habían tardado: Reaccion Salvaje en respuesta a “Destruye las prisiones”, Coahuila, 26 février 2015. Signé par les groupuscules “Espíritu Uaxixil”, “Danza de Guerra” , “Matar o Morir”, “Cazador Nocturno” , “Lluvia de flechas”.

[10] -Explosif ayant détoné devant le bureau du ministère de l’Environnement à Tlalnepantla, Estado de México, 5 octobre. Revendiqué par le groupuscule “Cazador Nocturno”.

-Menace à la bombe à la 9e rencontre nationale de Biotechnologie à Tlaxcala, 19 octobre 2014. Revendiqué par le groupuscule “Lluvia de flechas”

-Explosif ayant détoné au siège social de la Fondation Téléthon México, Tlalnepantla, Estado de México, 14 novembre 2014. Revendiqué par le groupuscule “Cazador Nocturno”

– Attaque incendiaire contre l’entreprise cimentière nationale CEMEX, Estado de México, 15 novembre 2014. Revendiqué par le groupuscule “¡Hasta tu muerte o la mía!”

-Attaque contre le Palais National à Mexico DF, 20 novembre 2014. Revendiqué par les groupuscules “A sangre y fuego” et “Danza de Guerra”

-Explosif détoné chez un concessionnaire Ford à Tlalnepantla, 9 avril 2015. Revendiqué par le groupuscule “Cazador Nocturno”

-Livre-bombe à l’université del Valle de México, Coacalco, Estado de México, 14 avril 2015. Revendiqué par les groupuscules “Trueno del Mixtón” et “Señor del Fuego Verde”

-Attaque incendiaire contre tour de télécom de Telmex sur l’autoroute México-Toluca, 17 avril 2015. Revendiqué par le groupuscule “¡Hasta tu muerte o la mía!”

-Tirs de fusils contre la Lumbrera del Túnel Emisor Oriente et ses installations, une méga-infrastructure de drainage, Estado de México, 22 avril 2015. Revendiqué par le groupuscule “de Lo Oculto”

-Explosif ayant détoné devant le Palais de Justice de Atizapán, Estado de México 25 avril 2015. Revendiqué par le groupuscule “¡Hasta tu muerte o la mía!”

[11]  Reacción Salvaje y los anarquistas, 6 décembre 2014 . Signé par les groupuscules “Danza de Guerra” , “A sangre y fuego” et “Aborígenes infames”

[12] voir aussi Individualités tendant vers le sauvage, section viva la révolucion? Mauvaise Herbe vol. 13 n. 1

[13] Ya nos habíamos tardado! Breves contemplaciones sobre los comentarios catedráticos de “Heliogeorgos caro”, Hidalgo 18 Mars 2015 , signé par les groupuscules : “Espíritu Uaxixil” , “Danza de Guerra” , “Matar o Morir” , “Cazador Nocturno” , “Lluvia de flechas”


 

Premier communiqué de Réaction Sauvage

Premier communiqué

Cuernavaca, Morelos

14 août 2014

« Les gens qui poussent vers l’avant toute cette merde de développement et de progrès technologique, doivent être sévèrement punis. »

  1. (a)

Après plus de trois années d’activité criminelle-terroriste, le groupe « individualités tendant au sauvage » (its) commence une nouvelle phase de cette guerre ouverte contre le système Technoindustriel, que nous présentons ci-dessous :

I

Tout d’abord, nous voulons faire savoir que tout au long de 2012 et 2013, au groupe ITS se sont joints plusieurs groupes de coupe terroriste et de sabotage, maintenant, après un long silence et par simple stratégie, nous revendiquons publiquement :

1) « Grupo Informal Anti-civilización », qui le 29 juin 2011, a revendiqué la responsabilité de l’explosion qui a gravement endommagé une banque Santander dans la ville de Tultitlan dans l’État de Mexico.

2) « Autónomos Incivilizados », qui le 16 octobre 2011, ont fait exploser une bombe à l’intérieur du guichet automatique d’un Banamex, situé entre les villes de Tultitlan et Coacalco dans l’État de Mexico.

3) « Circulo Informal de Antagónicos Individualistas », qui en septembre 2009, ont libérés d’une ferme plusieurs chevaux sauvages à Aguascalientes.

4) « Indómitos Salvajes », qui le 16 octobre 2011, ont laissé une bombe de gaz butane qui n’a pas explosé, dans une banque Santander dans la délégation Alvaro Obregon de la ville de Mexico. L’acte n’a jamais été revendiqué jusqu’à présent.

5) « Células Terroristas por el Ataque Directo – Fracción Anticivilizadora », qui en 2010 et 2011, ont laissé une fausse bombe devant l’IFaB (recherche pharmacologique et biopharmaceutique), et ont fait détoner un explosif à l’extérieur du bâtiment de l’Institut National d’Écologie (INE), tout deux dans la délégation Tlalpan, à Mexico.

6) « Luddistas contra la Domesticación de la Naturaleza Salvaje », qui de 2009 à 2011, ont pris part à plusieurs incendies criminels dans quelques municipalités de l’État de Mexico et plusieurs délégations de la ville de Mexico, avec ou sans revendications.

7) « NS – Fera – Kamala y Amala », qui le 9 décembre 2011, ont laissé un colis piégé adressé au directeur de l’Institut National de Psychiatrie « Ramón de la Fuente » dans la délégation Tlalpan, à Mexico. Le colis fut désactivé par la police spécialisée en explosifs. Le 15 du même mois, ce même groupe, par un e-mail, ont alerté de la présence d’une voiture piégée dans le stationnement de l’institut. Générant, même si c’était en fait un canular, de la terreur parmi les responsables de ce centre d’aliénation mentale.

8) « Frente de Liberación de la Tierra-Bajío », qui le 16 novembre 2011, ont fait détoner une charge explosive causant des dommages à l’intérieur de l’ère des guichets automatiques d’une branche de la Commission Fédérale de l’Électricité (CFE) à Irapuato, Guanajuato.

De même, au cours de l’année 2014, se sont joint à nous deux autres groupes de coupe terroriste qui ont placé le développement du système Tecnoindustrial dans leur mire, nous nous référons à :

9) « Circulo de Ataque-Punta de Obsidiana » qui les derniers jours de mars de cette année, ont envoyé par courrier instantané une enveloppe piégée au recteur de l’UNAM à Mexico.

10) « Groupo Atlatl », qui en avril de cette année, ont revendiqué des menaces à la bombe et des messages intimidants à des établissements universitaires dans l es États de Michoacán, Estado de Mexico, District Fédéral, Puebla et Zacatecas.

Tous ceux-ci se sont maintenant fusionnés avec les groupes de ITS de Morelos, District Fédéral, Estado de Mexico, Guanajuato, Hidalgo, Coahuila et Veracruz.

Suite à cette union, le pseudonyme extravagant et peu pratique de « Individualités tendant au sauvage » (Its) cesse d’exister, et à partir de maintenant les attaques contre la technologie et la civilisation seront signées avec le nouveau nom: « Réaction sauvage » (RS).

II

RS prendra l’initiative d’attaquer les personnes-cible comme ce fut le cas avec ITS, mais nous chargerons aussi contre la propriété publique et privé. Les centres de recherche ainsi que leurs scientifiques seront brûlés, les entreprises qui font la promotion de l’artificialité, de concert avec leurs employés et cadres, souffriront des attentats; en bref, tout ce qui implique civilisation, technologie et progrès seront attaqués avec férocité.

Et si pour une raison quelconque au cours d’un attentat, un civil quelconque est blessé ou meurt, cela ne nous intéressera point, nous serons indifférents et sans discernement. La population, les masses, le peuple, la communauté, les moutons, la société, ne méritent aucune considération, ni soins, ni réprimandes, rien, parce qu’ils sont une partie inclusive du système; que ce soit clair, si vous vous mettez dans notre chemin vous allez le regretter… et nous l’avons déjà démontré dans le passé avec ITS.(b)

« Tout ce qui est basé dans les masses, le troupeau, porte les germes de l’esclavage. Cette multitude, qui n’autodétermine pas ses valeurs, est incapable de définir sa propre vie. »

A.

III

Les groupuscules qui forment RS, auront des noms propres, cela par simple décision intergroupe.

Ces factions jouiront d’autonomie, pourront effectuer à la fois sabotages et terrorisme (s’ils le souhaitent), quand ils veulent, en rupture avec les « formalités d’attaque » et les dates des groupes prédestinés. Autrement dit, à tout moment et n’importe où, la menace latente de l’agression sera présente.

IV

Nous nions êtres des disciples de Ted Kaczynski (c). Bien que nous ayons appris beaucoup de chose à la lecture de « La société industrielle et son avenir », les textes postérieurs à celui-là et les lettres précédentes signé Freedom Club (FC), cela ne signifie pas que nous sommes ses adeptes. En fait, notre posture est stratégiquement en conflit avec celle de Kaczynski, FC, son disciple Último Reducto et d’autres, puisque nous ne nous considérons pas des révolutionnaires ni nous ne voulons former un mouvement « anti-technologie » qui incite au « renversement du système dans son ensemble », nous ne voyons pas cela viable. Nous ne voulons pas la victoire, nous ne prétendons pas gagner ni perdre. Ceci est une lutte individuelle contre la méga-machine. Cela ne nous importe pas d’obtenir quelque chose de positif de tout ca, nous sommes tout simplement guidés par nos instincts de défense et de survie.

Nous sommes pour le rejet de l’artificialité et de la réalité moderne. Nous refusons les valeurs du système tels qu’ils sont, « égalité », « solidarité promiscue », « paix », « progrès », « pluralisme », «humanisme», etc.

Nous défendons notre identité en tant qu’êtres humains « modernes » afférés à notre passé primitif.

Nous rejetons les étiquettes comme « anti-civilisation » « primitivistes », « anarchistes », « anti-technologie », « luddites » parce que RS est une tendance unique, qui n’a pas besoin de ces étiquettes usées et déformées pour s’autodéfinir.

Donc, RS n’est pas représenté par Kaczynski, ni Último Reducto, ni Zerzan, ni Derrick Jensen, ni aucun autre avec l’étiquette (d’apparents) « primitivistes ».

Pas plus que la Fédération anarchiste informelle (FAI), ni la Conspiration des cellules du feu (CCF), ni

Feral Faun, ou tout autre qui porte l’étiquette « éco-anarchistes » ou « céllule anti-civilisation de… » .

RS et ses groupuscules se représentent seuls.

(Ceci) « C’est une façon d’exprimer notre « ego ». Un « ego » qui veut se démarquer du troupeau d’esclaves, un « ego » qui ne baisse pas la tête, un « ego » qui n’attend pas les masses pour se révolter, un « ego » qui revendique son propre nom, son propre « acronyme » et ne se cache pas derrière l’anonymat. »

C.

V

Auparavant, certains (mais pas tous) des groupes qui ont adhéré à RS, furent composées exclusivement d’ « éco-anarchistes » et d’ « écologistes radicaux ». Maintenant, RS se compose de saboteurs nihilistes, de nomades incendiaires , de délinquants individualistes, de terroristes anarchistes, de critiques politiquement et moralement incorrects, c’est-à-dire RS est un groupe d’affinités qui sommes prêtes à tout ce qui est nécessaire pour obtenir ce que nous voulons… et ce que nous voulons c’est la déstabilisation du système et punir directement les responsables immédiats de l’assujettissement de la nature sauvage (incluant humaine).

Nous sommes un large groupe de sauvages, qui sommes au courant que nos ancêtres étaient des guerriers et comme tels nous nous revendiquons. Nous sommes la minorité de la minorité, qui ont décidé de faire la guerre à tout ce qui est en train de nous enlever notre essence humaine naturelle et qui nous pousse à devenir d’humiliants humanoïdes.

Cette essence à laquelle nous nous accrochons, elle nous a été transmise par nos ancêtres sauvages, elle nous invite à suivre la voie de la confrontation et de la résistance contre l’intrusif, contre ce qui veut nous domestiquer et nous éloigner de notre vraie chez-soi: les forêts, les déserts, les collines, les montagnes, les jungles, les rivages.

Le système Technoindustriel et son progrès sans freins nous a arraché le mode de vie libre dont jouissaient nos arrières grands-parents, la civilisation avec son agriculture et son sédentarisme a couvert les alentours de gris et nous a privé de la cueillette. La modernité a étourdi nos instincts et no sens primitifs. Les animaux que nous chassions ont été tués par la peste de la technologie. Les endroits où nous nous sommes promenés et reposés ont été détruits par l’infrastructure et la surpopulation. Le progrès nous a plongés dans l’ignorance et la sagesse naturelle a été perdu au passage des générations.

Jour après jour, nous nous dirigeons vers l’extinction, nous sommes au bord du précipice. Nous n’avons pas l’intention de nous adapter au système, ni à sa société soumise, ni à ses valeurs morale.

Mais nous nous sommes réveillé ! Cette essence primitive est toujours avec nous, ne se laisse pas domestiquer, se sent mal à l’aise dans les villes et nous chuchote constamment: « Tu n’appartiens pas ici, détruit ta cage. »

Voilà pourquoi au cours des années, nous avons alimenté le conflit contre l’artificialité, pourquoi nous avons brûlés des machines, fait exploser des bombes, générés de la terreur, déchirés de la chair vive, perforés des têtes, tout comme l’ont fait les anciens dans la guerre contre la civilisation, et en défense de leur mode de vie. Ce mode de vie, même si d’une façon très minime, existe encore, et nous le défendrons jusqu’à la fin.

Pour ceux qui pensent que la guerre contre la civilisation a pris fin avec l’extermination des groupes ethniques, chasseurs-cueilleurs nomades originaires de ces terres, dans la guerre des sauvages (chichimeca) il y a plus de 400 ans, permettez nous de vous dire que votre pensée est erronée.

Nous sommes l’héritage guerrier !

Ceux qui soutiennent ce sale système ne seront pas tranquilles…

Réaction sauvage (RS)

Groupuscule « Tuer ou mourir »

Notes:

(a) Pour éviter que notre tendance tombe dans la confusion ou les mutations, les distorsions ou les altérations, par les citations publiés dans nos communiqués, nous avons décidé de mettre à la fin de chacune d’elles seulement la première initiale de l’auteur. Ceux-ci, s’ils connaissent leurs écrits, le sauront, et que nous les incluons étant d’accord avec cette phrase et non pas avec toute leur pensé ou leurs opinions.

(b) Le 19 Avril 2011, un employé d’entretien à l’Université Polytechnique de la vallée de Mexico (UPVM), Alberto Alvarez, a ouvert un colis piégé qui était adressée au responsable de la licence en nanotechnologie, Camacho Olguin. Son imprudence lui a causé un traumatisme acoustique avec des brûlures sur ses mains et un oeil amputé.

Plus tard, le 21 Février 2013, un employé responsable du maintien des boîtes aux lettres du Service Postal Mexicain, Jose Luis Garcia, a décidé de voler un paquet qui attirait son attention. Ce qu’il ne savait pas c’est que le paquet contenait un explosif destiné à quelqu’un en particulier (que nous ne dévoilerons pas). Encore une fois, à l’ouverture du paquet, et de par son imprudence et son attitude perfide, l’employé reçu un traumatisme acoustique, des brûlures au premiers et deuxième degré aux jambes, aux bras, au visage, et une main fracturé.

(c) Bien qu’avec ITS, nous réfutons ceci depuis plus de trois ans, jusqu’à récemment nous sommes toujours catégorisés en tant que ses « adeptes », voir les articles: « NanoBombers: A Look at the Terrorist Group that’s trying to kill scientists », le 9 Avril 2014, publié sur le site new yorkais « Vocativ ». Et « As technology swamps our lives, the next Unabombers are waiting for their moment », du le 13 mai 2014, publié dans le journal britannique « The Telegraph ».

* À ceux qui pourraient penser que les individus de la photographie sont « nos leaders », nous le nions. RS N’A PAS de leaders ou un leader fixe et absolu, nous ne sommes PAS une armée ou une guérilla marxiste. RS est composé de groupscules d’individus responsables de leurs propres actes, qui agissent en fonction de leurs moyens.

La photographie a été proposé par un de nos groupuscules, pour montrer leur capacité individuelle à infliger des dégâts au moyen d’armes à feu, et à exprimer visuellement la défense extrême de la nature sauvage. Bien que l’image est pleine de symbolisme et de sens, nous allons en mentionner un seul: La plume sur la tête de l’un d’eux signifie qu’il a enlevé une vie, il est assis sous la lettre “s”, la première lettre du nom de famille Salinas, de Ernesto Mendez Salinas, biotechnologiste assassiné à Cuernavaca en 2011, première victime mortelle d’ITS.

Ennemis, regardez bien ! Ce n’est pas un jeu, ce n’est pas une blague, c’est réel.


 

Action – Réaction : A propos des affrontements du Palais National

:Contrainfo-Francia.

Ville de Mexico, 21 novembre 2014

Hier soir, une fois le meeting pour les normaliens d’Ayotzinapa disparus terminé, quelques groupuscules de Reacción Salvaje (RS) avons décidé de faire irruption et de rompre avec la ligne pacifique et les modèles de bonne conduite imposés par les leaders et par les participants aux mouvements sociaux au cours de leurs marches. Ce modèle a servi à nous camoufler et à déstabiliser la cohabitation citoyenniste et le défilé-marche de ceux qui abhorrent ouvertement la confrontation directe. C’est ainsi que nous avons contribué aux émeutes qui se sont déchaînées face au Palais National., symbole et bastion de ceux qui décident au-dessus de l’individu et qui permettent la dévastation de la nature sauvage perpétrée par les industries, véritables maîtres de ce pays.

Les émeutes devant l’emblématique Palais National n’ont pas été un fait isolé, il s’est agi d’un acte illustrant l’ampleur de la crise économique, politique et sociale que vit le pays. Elles ont fait trembler le gouvernement fédéral, lequel, depuis hier, n’a pas cessé de marteler son message vendu de « tolérance d’État » à travers les médias de masse, pour bien faire rentrer à quel point la situation est mauvaise dans la tête de la société attentiste , afin que celle-ci rejette au bout du compte ce type d’actes.

Pour nous, ces affrontements, dans ces conditions, sont totalement utiles pour diffuser les tensions qui peuvent dériver vers l’affaiblissement des sphères du pouvoir.

Provoquer des tensions violentes pour que les grenadiers tirent contre la citoyenneté qui, à son tour, décidera dès lors de se défendre pour que le conflit grandisse, fait partie de nos objectifs, sur la voie de la déstabilisation.

Les néfastes membres du cabinet de sécurité et la presse qui est à leur solde avaient propagé en septembre la rumeur que nous « envisagions » de commettre des attentats au cours de la commémoration de l’indépendance ou pendant la manifestation du 2 octobre. Leur prédiction erronée n’était rien d’autre qu’une vision paranoïaque de nos prochains mouvements, qui découlait de l’émission de notre premier communiqué du 14 août. Même si tout le monde sait très bien (et ça n’a rien de nouveau) qu’au sein des mobilisations suite à la disparition des étudiants mentionnés, et qui ont terminé en émeutes et en attaques contre la propriété, participent des organisations guérilleras anarchistes, et nous mettons à présent en évidence le fait que les groupuscules terroristes de RS y sont aussi. Parce que lorsque la crise s’aggrave, il vaut mieux la pousser vers le pire…

Comme nous l’avions déjà écrit par le passé, RS n’est pas un groupe qui « comprend » ou « respecte » les masses, nous ne participons pas à leurs manifestations pour « nous solidariser », ni pour réclamer la « paix » et la « justice ». Nous, les groupuscules de RS, voulons impulser et voir ce système et cette civilisation en cendres et tomber à cause des problématiques de ceux qui en font partie.

Et si nous devons, pour ce faire, nous infiltrer dans les récentes manifestations avec des bâtons, des explosifs, du feu, y compris des armes à feu, qu’il soit bien clair que nous le ferons.

Pour la déstabilisation du système techno-industriel pourri !

Reacción salvaje
Groupuscules:
“A sang et à feu”
“Danse de Guerre”


 

Explosifs contre le siège de la Fondation Téléthon

:Contrainfo-Francia.

C’est vrai, nous ne sommes en rien altruistes ni caritatifs, et cela a été très clair la nuit du 14 novembre, lorsque nous avons fait détonner une charge explosive au siège de la Fondation Téléthon Mexique à Tlalnepantla, dans l’État de México.

Proche est le jour lors duquel la soumise et dormante société mexicaine réunira ses membres face aux téléviseurs pour compatir avec les enfants handicapés utilisés pour accumuler des grandes sommes d’argent et pour que les industries « bienveillantes » ne paient pas d’impôts. Nous avons fait détonner notre explosif, qui, cependant, n’a absolument rien à voir avec la simple « demande de justice sociale », et n’a aucune teinte politique non plus, ni rien d’autre dans le genre. Juste au cas où quelqu’un en viendrait à le penser.

Notre grief est tout autre, et certains le savent très bien. Nous avons attaqué ladite Fondation parce que c’est l’une des institutions qui, avec l’initiative du privé et les médias de communication de masse, implémentent l’aliénation aux valeurs du système techno-industriel telles que la « solidarité sans distinction », la « paix », le « progrès », « l’humanisme », etc. Parce que cela diffuse très largement la morale que la société doit suivre pour « calmer les esprits », alors qu’il se vit une crise politique, économique et sociale dans le pays.

La Fondation Téléthon est aussi un organisme qui se charge avec les deux universités les plus prestigieuses du Mexique (l’UNAM et l’ITESM) de promouvoir l’innovation technologique et scientifique à fins thérapeutiques, c’est-à-dire qu’elles rejoignent ensemble totalement l’idée de progrès civilisé, pour faire en sorte que ce système suive son cours. Beaucoup se demanderont certainement : Et qu’y a-t-il de mal dans le fait d’avoir de la charité envers les gens les plus démunis ? Peut-être que ceux qui posent la question ne se sont pas rendu compte que le système se drape toujours dans ses habits de « nonne bien intentionnée » pour continuer de se perpétrer. La technologie complexe aura toujours les mêmes fins, sous toutes ses formes, qu’elle soit thérapeutique ou vouée à l’armement, à l’éducation ou à la destruction massive, médicinale ou empoisonnée. Et cette fin est de continuer son existence en se plaçant au-dessus de la nature sauvage. Telle est la raison de notre attaque.

Sans plus d’explications : nous ne sommes pas chrétiens et ne sommes pas caractérisés par la noblesse, nous sommes sauvages, nous ne recherchons ni ne défendons la charité de personne et pour personne !

Reacción Salvaje (Réaction Sauvage)
“Groupuscule Chasseur Nocturne”


 

Reacción Salvaje contre la grande entreprise de ciment Cemex

:“La Terre da Bord!”

État de México.

L’industrie de l’infrastructure est l’une de celles qui menacent le plus la nature sauvage dans son ensemble.

A travers la continuelle construction de ponts qui traversent les ravins en détruisant les écosystèmes environnants, l’avancée frénétique des routes qui inondent la terre de ciment hydraulique, les métropoles généralisent la tâche grise de cette civilisation pourrie.

Tous les jours, des attentats sont commis contre la Terre et contre les animaux qui vivent sur elle, nous compris.

L’invasion du progrès techno-industriel brise le fragile équilibre écologique lorsqu’il dévaste des forêts entières, quand il oblige les animaux sauvages à abandonner leur milieu et les conduit à l’extinction forcée ou à la domestication par les humains.

Les rivières sont enfermées dans des conduites ou dans des barrages gigantesques, l’air pur est pollué par les voitures qui circulent sur les autoroutes, les antennes électriques et de communication se dressent telles de sombres cauchemars au-dessus de nos têtes.

Et en ce qui concerne les êtres humains, la civilisation nous a pervertis et nous a forcés à abandonner la sagesse primitive héritée de nos ancêtres, faisant chavirer nos modus vivendi vers l’artificialité et nous convertissant en quelque chose de totalement opposé à ce que nous étions auparavant.

Le système nous a condamnés à abandonner notre vie dans la nature, pour nous immerger à la place dans une réalité artificielle, à vivre comme des morts dans des villes grises et tristes, infectées par la manipulation des médias, la loi des marchés et l’absurde.

Ce que génère l’industrie de l’infrastructure, c’est le déplacement du sauvage et du naturel vers le civilisé et le mécanique.

Pour ces raisons, parmi d’autres, comment se peut-il que certains ne comprennent toujours pas les attaques directes contre ce type d’industries ? Nous autres nous sommes réveillés et avons pris nos distances des « revendications politiques et sociales » de toujours, pour nous orienter vers l’attaque frontale envers des aspects plus réels. La politique ne nous importe pas, ni les revendications sociales. Ce sur quoi nous nous concentrons, c’est à faire la guerre à tout ce qui induit la civilisation et le progrès invasif, tout comme le firent nos ancêtres sauvages.

Par la présente, nous revendiquons une action contre la grande entreprise de ciment Cemex de l’avenue Gustavo Baz, à Tlalnepantla de Baz, le 15 novembre de cette année.

Nous avons déposé un objet incendiaire sur les câbles d’alimentation en énergie électrique de ladite entreprise et, à l’ombre d’un arbre de Pirul, nous avons vu comment notre préparation prenait, s’étendait et consumait l’objectif en générant des dégâts matériel, laissant un message clair : nous continuerons !

Reacción Salvaje
Groupuscule “Jusqu’à ta mort ou la mienne!”


 

Comment la solidarité aide le Système Techno-industriel

:Contrainfo-Francia.

La solidarité qu’implante le S.T. vise toujours son bon développement. C’est l’une de ses valeurs et c’est le moteur que toute civilisation doit avoir pour se maintenir sur la ligne du progrès. Sans cette solidarité, la société qui se fixe à des lignes morales établies comme « acceptables » s’effondrerait. C’est pour cela que le système pousse les personnes à être aimables, tolérantes, à accepter l’égalité et la paix dans le cadre de ses principes. Pourquoi ? Pour que le système continue à fonctionner.

Cette solidarité peut être classée comme « solidarité promiscue ou indiscriminée », puisqu’elle ne met pas l’accent sur tel ou tel groupe sociale déterminé, c’est-à-dire que cette solidarité est applicable à toutes les personnes en général.

Le fait que plus de personnes se solidarisent avec des « groupes vulnérables » (comme les homosexuels, les femmes battues, les afro-américains chômeurs, les malades en phase terminale, les personnes enfermées, les enfants en danger, les immigrés défavorisés, les indigènes isolés, etc.) convient largement au système, parce que de cette manière les bons comportements de ces personnes se perpétuent laissant place à une convivence moralement pacifique au sein de cette société.

Si un groupe d’individus ou une personne ne rentre pas dans cette solidarité indiscriminée et ne la porte pas à la pratique, elle est vue comme un inadapté, un antisocial, ou, encore pire, un malade mental. Pour quelle raison ? Parce que son comportement et sa conduite sont antagoniques à la société qui l’entoure. C’est pour cette raison que l’inadapté actif est un danger pour ce système. C’est une menace qu’il existe des personnes qui n’acceptent pas ses valeurs, et décident de faire le contraire de ce que le système promeut.

Parmi ces inadaptés actifs, qui n’acceptent pas cette solidarité indiscriminée, il y a nous, ceux qui questionnent, refusent et critiquent par des actes et des discours, les valeurs du S.T., des valeurs comme la solidarité promiscue, l’égalité, le respect de ce qui est « étranger », et autre. Si nous retournions voir comment vivait l’être humain il y a des milliers d’années sans civilisation, nous nous rendrions compte qu’ils mettaient en œuvre la vraie solidarité, celle qui a lieu au sein du groupe consanguin et/ou membres de la tribu.

Pour ceux qui contredisent cela, nous sommes d’accord que beaucoup de tribus ne se montraient pas agressives avec d’autres personnes étrangères au clan (comme les yanomamis), mais une chose est de dire que tels groupes ou cultures anciennes acceptaient des étranger dans certaines situations, une autre et de dire que puisque nous vivons dans une société de masse nous devons accepter et regarder avec des bons yeux toutes les personnes étrangères qui nous entourent.

Nous rejetons cette idée, celle qui dicte que, puisque nous partageons certains aspects de notre vie avec des étrangers (dans cette société de masse) nous devons les accepter et être « amicaux » avec tous. Au contraire, nous rejetons catégoriquement la solidarité indiscriminée, nous ne soutiendrions pas des homosexuels, des femmes battues, des afro-américains chômeurs, des malades en phase terminale, des personnes enfermées, des enfants en danger, des immigrés défavorisés, des indigènes isolés à moins de les connaitre et de partager et de partager des liens quelconques (mais réels) avec eux. Nous ne sommes pas les petites sœurs de la charité, des chrétiens ou un ONG !Nous sommes contre l’égalité. L’égalité face à quoi ? Face au gouvernement ? Face à l’église ? Face à la société ? A la poubelle !

Nos valeurs sont contraires à celles de la civilisationindustrielle :

– Tandis que le système prêche la solidarité indiscriminée, nous mettons en pratique la solidarité sélective.

– Le système veut que nous soyons hautement sociables, nous sommes des individualistes.

– Le système oblige directement et indirectement les personnes à vouloir des réformes, à vouloir changer certaines choses par d’autres, nous rejetons cette idée, et ce que nous voulons c’est le conflit complet contre le S.T.,  peu importe comment.

– Le système pousse à l’artificialité et à l’aliénation avec les technologies complexes, nous critiquons les résultats catastrophiques qu’est en train de laisser cette artificialité et cette aliénation et nous mettons en pratique la défense et le respect total de la nature sauvage.

– Le système en général créé des conditions pour que les gens détournent le regard vers ce qui est grossier et sans intérêt, se battent pour ce qui n’en vaut pas la peine, nous avons un seul objectif à frapper, l’objectif est le S.T.

– Le système utilise la violence comme arme à double tranchant, nous l’utilisons pour l’attaquer et le déstabiliser.

– Le système veut en finir à tout prix avec la liberté humaine (et de la nature en générale), nous luttons pour cette liberté, nous luttons pour développer nos capacités et répondre à nos besoins biologiques-évolutifs.

Ceci étant dit, nous sortons à la lumière comme les ours sauvages à la fin de l’hiver, comme les sauvages nus qui descendent de la montagne avec des armes en pierre et en bois, et nous nous ajoutons à l’appel que différents groupes contraires au S.T. émettent depuis peu au Mexique (Cercle d’Attaque – Pointe d’Obsidienne, les éditeurs de la revue Régression et les paroles aiguisées d’Individualités Tendant vers le Sauvage, qui depuis un an émettent des communiqués incitant indirectement à l’attaque). Ainsi, depuis quelques années, nous avons réalisé une série de menaces de bombe (par téléphone, par mail, et/ou avec des colis suspects, qui n’ont été pour l’instant que des simulations mais qui ont généré de la tension) dans diverses institutions et académies qui soutiennent le progrès du S.T. Les nommer n’est pas nécessaire mais il est important de souligner qu’elles ont eu lieu à Zacatecas, Michoacán, Puebla, dans l’Etat de Mexico et le District Fédéral.

C’est peut être la première et la dernière fois que nous nous exprimons publiquement, mais nous continuerons avec des actions de peur et de terreur, et il est clair qu’un de ces jours nous nous acharnerons à concrétiser des engins explosifs pour les faire exploser dans leurs centres d’investigations, qu’ils se souviennent que nous les connaissons bien pour y avoir déjà abandonné des colis suspects par le passé. Attention, cette guerre n’est pas un jeu…

Pour l’attaque frontale.
Tout pour la nature sauvage.
Groupe Atlatl.

Signification des termes :

Système Techno-industriel : le concept se réfère à la composition réelle des structures technologiques et industrielles, dans lesquelles est cimenté la civilisation, ainsi qu’aux structures morales qu’elle implante pour la bonne convivence sociale.

Civilisation industrielle : désigne les grandes colonies urbaines sédentaires d’aujourd’hui, qui partagent les fins du développement industriel, scientifique et technologique.

Société de masses : c’est l’agglomération d’un groupe considérable de personnes interagissant anormalement entre elles.

Liberté : c’est la capacité nécessaire à la nature pour continuer à être ce qu’elle est, sauvage. Sans liberté, tout se perd, avec la liberté on remplit l’objectif de vivre et de mourir.

Nature sauvage : c’est la représentation de tout ce qui n’est pas domestiqué et qui par conséquent n’est pas artificiel.


 

Individualités tendant vers le sauvage

:“La Mauvaise Herbe”

intro

Vers la fin des années 2000, après qu’aux États-Unis des cellules d’ELF et d’ALF se soit fait décimer par une vague de répression, au Mexique, des actions directes et des sabotages se faisaient de plus en plus courants (voir l’extensive chronologie dans Rabia y Acción n.9, Énero 2012, México). Plusieurs restèrent anonymes, mais plusieurs furent aussi revendiquées par l’ALF, l’ELF et des groupes/cellules anarchistes. Ces actions prirent de plus en plus d’ampleur au cours des années, et plus récemment il y a une tendance marquée vers une critique anti-civilisation dans les positionnements et les réflexions de nombreuses revendications d’actions ainsi que dans leurs cibles. Un de ces « groupes » a particulièrement retenu l’attention en plus de créer une certaine controverse, non seulement au Mexique, mais aussi internationalement, de par la consistance, l’envergure et le caractère de leurs actions et revendications…

Depuis 2011, un groupe se dénommant Individualidades tendiendo a lo salvaje (ITS) [Individualités tendant vers le sauvage] a revendiqué plusieurs actions, presque toutes dirigées contre des membres de la « communauté » scientifique mexicaine. La plus notoire fut l’explosion d’un colis piégé le 8 août 2011 au Tec de Monterrey, une des plus prestigieuses universités au Mexique, blessant gravement du coup deux importants scientifiques de l’institution. ITS revendiquèrent aussi l’assassinat d’un biotechnologiste de renommé, Ernesto Méndez Salinas, retrouvé mort d’une balle à la tête dans son auto sur une autoroute, le 8 novembre 2011, ce que les autorités mexicaines ont toujours présenté comme une tentative de vol d’auto ratée.

De par le type d’actions, étant donné qu’ils s’attaquent directement à des individus, ainsi que par plusieurs positions présentées dans leurs communiqués – que j’expose dans la section La Société Techno-industrielle – ITS ont souvent été comparé au Freedom Club / Unabomber / Ted Kaczynski. De nombreuses critiques ont été publiées internationalement à leur endroit dans les milieux de gauche, marxistes, libertaires, anarchistes, écologistes et scientifiques, mais aussi des déclarations de solidarité de la part d’individus, de groupes ou de cellules anarchistes insurrectionnelles, de nihilistes et d’ELF, surtout au Mexique, au Chili et en Grèce.

Puisqu’il n’existe pratiquement rien en langue française à leur sujet, je propose ici une synthèse de leurs textes parus jusqu’à maintenant (huit communiqués, une courte « note » et une entrevue par correspondance) – accompagnée d’une chronologie pour une meilleure compréhension –, où je tente de relier leurs idées par des résumés accompagnés de nombreuses citations et où je m’efforce de reproduire leur façon de s’exprimer pour un plus grand effet (comme l’utilisation de majuscules). Ainsi, j’invite à ce que chacun qui le désire puisse faire sa propre réflexion et critique de leurs actions et positionnements, ou comme le diraient ITS : « nous laissons au raisonnement des quelques lecteurs intelligents d’analyser et (pourquoi pas?) critiquer ce texte […] pour pouvoir atteindre des conclusions réellement fortes et avec un vrai sens critique de ce qui se passe dans la Réalité et ne pas se laisser emporter par la marée du conformisme civilisé. »

Le nouveau boom du progrès

Dès le début de leur premier communiqué, ITS mettent de l’avant une critique de la Civilisation et sa destruction de la Nature Sauvage en se concentrant sur le thème du progrès technologique et particulièrement les avancés de la nanotechnologie au Mexique et ailleurs. Ils dénoncent cette dernière comme étant un nouvel essor dans le progrès anthropocentrique de l’humain, vers son contrôle et sa domination totale sur tout, jusqu’à l’infiniment petit, ce progrès qui a déjà conduit la Terre à sa présente hécatombe décrite dans plusieurs passages, dont celui-ci :

« Jour après jour, nous nous regardons dans les yeux terrorisés par l’attitude irresponsable de l’humanité envers la Nature Sauvage, nous nous rendons compte que nous vivons dans un cauchemar technologique. Nait-consomme-meurt est la roue tortueuse des villes, les derniers vestiges d’environnements sauvages sont convertis en “zones écologiques protégées” et la destruction progresse à chaque instant, comme on peut le voir dans les déversements de pétrole dans l’Amazonie en Amérique du Sud et dans le golfe du Mexique, dans les eaux usées radioactives dans la mer du Japon, la dévastation de forêts entières en Russie, l’hyper-exploitation minière en Afrique, la production à grande échelle de voitures en Europe, la disparition de milliers d’animaux par année, la construction de super-autoroutes, des souterrains et des complexes résidentiels qui traverse des forêts, le progrès technologique est en train d’en finir avec le monde dans lequel nous subsistions jusqu’à maintenant, et qui est déjà en déclin. »

C’est dans ce contexte que la nanotechnologie présente ses aspirations et ses promesses. Les technologues nous déclarent que celle-ci détient le potentiel pour résoudre les problèmes écologiques, comme en purifiant l’eau et l’air à l’aide de nanocatalyseurs et en créant de nouvelles sources d’énergies renouvelables à base de nanoparticules, en plus d’éradiquer des maladies incurables par des nanovaccins et d’améliorer l’alimentation en la rendant plus nutritive et en la fusionnant d’anticorps, pour nous rendre plus forts et plus sains, etc.

ITS comparent ces promesses de vie meilleure à celles de la révolution industrielle qui nous a propulsés dans un monde artificiel, de ciment et de métal et rappellent que ce que les scientifiques évitent de nous dire c’est que « la nanotechnologie a torturé des millions d’animaux, enlevés directement de leurs milieux sauvages pour être séquestrés dans leurs laboratoires afin de tester leurs nouveaux produits. Des expériences tellement aberrantes que nous sommes incapables de les imaginer. »

Prenant l’exemple de la médecine, ITS ajoutent :

« Plusieurs diront peut-être que la Technologie a aidé à ce que la médecine soit plus efficace, et nous accusent d’être inhumains lorsque nous disons que nous nous opposons nettement à un vaccin qui guérit le diabète (par exemple), mais c’est là qu’on tombe dans l’un des nombreux pièges du système.

Le Système Techno-industriel a toujours fait croire qu’il invente ce genre de remèdes pour que l’humanité vive mieux, de par son efficacité et sa rapidité dans le domaine de la santé, mais ce dont plusieurs ne se rendent pas compte c’est que le système fait cela pour que les gens lui soient encore plus dépendants, pour que tous aient la santé et continuent de graisser les rouages de la Mégamachine, pour qu’ils continuent de travailler, de produire et de consommer, en autre mot, pour que le Système de Domination reste sur pied. »

Un autre aspect sur lequel les scientifiques mettent rarement l’accent; le dévouement avec lequel leurs percées ont contribué de facto aux avancements des technologies de guerre, de domestication et de domination. ITS consacrent une partie de leurs revendications à la critique des visées et des risques de l’avancement des hautes technologies ainsi que leurs fusions, comme de la nanotechnologie avec la biotechnologie, l’électronique moléculaire, l’intelligence artificielle, la robotique, etc.

ITS émettent des préoccupations allant de l’intérêt militaire devant un potentiel d’armement (nanomatériaux, nanobactériologie) encore plus dévastateur que l’arsenal nucléaire et biochimique actuel; aux nanomoteurs, par lesquels on voudrait que puissent se créer, par une basse consommation d’énergie, des nanocyborgs capables de s’autoréparer et de s’autoreproduire; ainsi que des dangers hypothétiques comme l’explosion de la nanocontamination (par la guerre ou par l’utilisation à grande échelle de nanoparticules); ou encore des accidents scientifiques irréversibles, entre autres la théorie de la « grey goo » de l’ingénieur moléculaire Eric Dexler – théorie qui anticipe une possible catastrophe scientifique de nanoréplicateurs s’autoreproduisant infiniment, détruisant toute vie en l’espace de quelques jours[1].

Aux critiques qui affirment que leur vision catastrophique est le produit d’imaginations paranoïaques exagérées et irréalistes, ITS répondent que ce sont les mêmes critiques qui se firent contre ceux qui mettaient en garde contre l’expansion du nucléaire, avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui dans plusieurs parties du monde; forêts dévastées, infertiles et mutées, déformations génétiques, nouveaux cancers incurables, ainsi que l’holocauste, résultat du progrès de la Civilisation, de la science et la Technologie. Ils argumentent qu’il y aussi sous-estimation de la capacité économique, de coefficient et d’intentions de ceux qui se proposent d’ « augmenter » ou « améliorer » l’humain et la nature sauvage à travers la science et la technologie. ITS rappellent qu’il y a seulement quelques décennies les scientifiques rêvaient de pouvoir faire des expériences, manipuler et modifier les gènes et les particules à nanoéchelle, un rêve maintenant accompli par la nanotechnologie, de la même façon que ces mêmes rêvaient que leurs ordinateurs gigantesques puissent se mettre dans une poche avec, en plus, des milliers d’applications.

Ils reprennent également les mots du prix Nobel de chimie, Harold Kroto[2] :

« Les gouvernements d’Europe et des États-Unis dédient de grandes quantités d’argent à la nanotechnologie, à la recherche, par exemple, de comment rendre leurs avions invisibles. » « Si nous reculons jusqu’à 1910 nous pourrions éviter d’avoir fait de la recherche en chimie pendant le 20e siècle et nous aurions évité le Napalm et la bombe atomique. »

Par contre, bien qu’elle détient une place centrale due à son avancement significatif au Mexique et le potentiel de développement technologique qu’elle présente, il n’y a pas que la nanotechnologie qui est critiquée et ciblée dans les attaques d’ITS, mais les technologies complexes en générale et leurs conséquences, entre autres sur l’humain. Ils précisent leur position :

« La technologie complexe est le problème qui nous indispose comme espèce depuis l’expansion de la Civilisation. Il est ici nécessaire de préciser qu’il existe deux types de technologies : celle qui est complexe et la technologie simple. Des exemples de cette dernière furent (ou sont) les instruments et les outils employés par l’homme primitif durant le paléolithique et une partie du néolithique, qui l’aidèrent à survivre et que, sans aucun doute, certaines cultures utilisent encore pour chasser, cueillir, se réfugier et se défendre.

ITS s’est toujours positionné contre la Technologie moderne, celle qui est complexe, celle qui atteint la destruction de la Nature (humaine) Sauvage. »

Par exemple, dans leur troisième communiqué ITS portent aussi leur attention sur la technologie informatique et sa transformation de la vie des individus de par sa constante présence. Ils reprennent les arguments du neurologue Gary Small sur les conséquences dégénératives sur le cerveau et sur l’interaction sociale (face-à-face) de l’utilisation excessive d’internet, tout en rappelant que ce même Gary Small conçoit cela comme une épreuve à surmonter, lui qui poursuit des recherches sur la stimulation neurologique par laser.

Cette critique continue sur le thème des médias sociaux, donnant l’exemple de Facebook comme étant un grand succès dans l’expérience sociale de contrôle du comportement – ce dernier étant un facteur de risque pour l’ordre établi –, éliminant d’une façon très efficace la Nature dans le contact humain et développant à grands pas l’aliénation technologique totale.

« Voilà comment la technologie en finit peu à peu avec l’interaction sociale qui est une impulsion clairement naturelle. Nous ne parlons pas ici de s’engager dans des relations d’amitié avec tout le monde indistinctement (ITS rejette l’amitié hypocrite et la sursocialisation), mais plutôt au sein de petits groupes de personnes proche ou en affinité. La Technologie est en train de séparer cette interconnexion naturelle, la réduisant à des courriels et des commentaires numériques. »

Du même coup ITS rappellent qu’un des dirigeants les plus important de Facebook, le milliardaire Peter Thiel – qui prône la numérisation du monde – est un grand investisseur dans la recherche sur l’intelligence artificielle – à travers de la Singularity Institute for Artificial Intelligence – ainsi qu’un financier personnel du Dr Aubrey de Grey – biogérontologue qui concentre ses recherches sur l’immortalité. Ils dédient aussi quelques passages aux implants de puces électroniques et les recherches de Mark Gasson, un scientifique anglais qui fait la promotion de l’amélioration humaine par implants technologiques et qui dans ses recherches s’est infecté (par exprès) avec un virus informatique.

Dans ces exemples, ITS soulignent l’obsession de remplacer l’humain sauvage par la machine et l’ambition maladive des personnes qui s’y dédient.

La Société Techno-industrielle

Au cours de leurs critiques, ITS se réfèrent continuellement au Système Techno-industriel et à la Société Techno-industrielle, ils les définissent ainsi :

« Par Système Techno-industriel nous nous référons à l’ensemble des éléments autant physiques que conceptuels (valeurs) qui englobent la Technologie complexe, la science, l’industrie, la Civilisation et l’artificialité. Le Système Techno-industriel c’est l’objectif à frapper, parce que de lui (et de sa population [Société Techno-industrielle]) émanent le fonctionnement, l’amélioration et la perpétuation de la mégamachine appelée Civilisation. »

En dénombrant des programmes de recherche qui lient les institutions mexicaines étatiques et académiques (diverses universités et centres de recherches, la CONACYT [le Conseil national de science et technologie] et la compagnie pétrolière étatique Pemex et celle d’électricité, la CFE) ainsi que des multinationales (Glaxo SmithKline, Unilever, Syngenta), ITS évoquent l’étendue de la coopération et la coordination des avancés technologiques en nanotechnologie et ne manque pas de nous rappeler que ce sont les individus qui y participent directement qui sont leurs cibles.

Dès leur première action revendiquée, un colis piégé dirigé au chef du Département d’Ingénierie en Nanotechnologie, le professeur Oscar Alberto Camacho Olguín, le 14 avril à l’Universidad Politécnica del Valle de México. Ils annoncent :

« Nous n’hésiterons pas à attaquer ces personnes, qui sont des éléments clés pour l’apogée que la technologie veut atteindre. Nous préférons les voir mortes ou mutilées plutôt qu’elles continuent d’alimenter le Système de Domination. »

Ils affirment que la motivation scientifique est basée dans les besoins psychoémotionnels, de réalisation personnelle, de prestige et de statut social de ses individus plutôt que quelconque altruisme dédié à l’amélioration de la qualité de vie, concluant que « la plupart des scientifiques basent leurs recherches dans leurs besoins psychologiques tordus, dans leurs activités de substitution. »

Ils expliquent que plusieurs problèmes psychologiques, dont le besoin d’activités de substitution, proviennent de la frustration émanant de la perte de la liberté causée par l’implantation et la croissance exponentielle de la Technologie dans toutes les facettes de la vie. Dans cette analyse ITS se réfèrent au concept de Processus de pouvoir, repris de La société industrielle et son avenir[3] – texte qu’ils paraphrasent à plusieurs reprises. Ils résument l’essentiel de ce concept comme étant; l’établissement d’un objectif, l’effort déployé pour y arriver, la réalisation de l’objectif, et l’atteinte de l’Autonomie.

« Voyons un exemple pour mieux expliquer ce terme. Un homme qui a tout seulement en l’exigeant devient toujours hautement hédoniste et développe de sérieux problèmes psychologiques puisqu’il n’a jamais besoin de faire d’effort. Comme résultat, surgissent la démoralisation et l’ennui, ainsi, quand cet homme tente de faire quelconque effort et n’y arrive pas, parce qu’évidemment c’est un inutile, survient la frustration dépressive, le défaitisme, les sentiments d’infériorité, etc. Il n’est pas seulement question ici d’un homme bien nanti économiquement, mais plutôt de quelconque pusillanime qui alimente l’aliénation du système par son absurde existence.

Devant cette frustration une grande quantité des activités de substitution […] qui ont comme finalité le travail artificiel et non réel pour combler le vide engendré par la non-vie au sein de la Civilisation, sont inventés.

Dans la vie, certes, un sérieux effort est naturel et hautement nécessaire pour se sentir bien avec soi-même et ne pas tomber dans les pièges du Système de Domination. Répondre aux besoins physiques et biologiques tels que la recherche et l’obtention de la nourriture, la construction de refuges, les soins entre les membres d’une communauté de personnes liées et l’apprentissage de la survivance sont à la base de la Nature Sauvage Humaine, seulement que dans les villes, de telles activités réelles ne sont pas perçues comme nécessaires ou simplement ne sont même pas prises en compte.

Pour vivre au sein de la Civilisation, il suffit de peu d’effort pour combler les besoins que celle-ci exige et avoir dans la tête sa fausse idée de stabilité […] c’est l’obéissance totale, c’est tout ce qu’il faut pour maintenir l’ordre établi qui prévaut aujourd’hui. »

ITS considèrent que la technologie rend les individus de plus en plus dépendants du système et sont ainsi ancrés par son contrôle dans l’acceptation de ses normes sociales de subsistance, ce qui amène la perte de l’identité et la nécessité « artificielle-culturelle » de se fondre dans la masse ou d’appartenir à de larges groupes sociaux. C’est ainsi que la plupart des personnes se lient à des mouvements sociaux, par leur frustration et leur incapacité d’en arriver à la liberté et l’autonomie par leurs propres moyens; en groupe elles se sentent puissantes, mais seules elles se sentent incapables. Ils poursuivent :

« Conséquemment surgissent des personnes qui se sentent tellement vides qu’ils en arrivent à l’extrême de dédier leur vie entière à une cause sociale, à une sous-lutte, qui ne fait que provoquer leur épuisement physique et mental dans l’atteinte illusoire, par exemple, d’un monde nouveau où vivre, qu’elles se disent anarchistes, communistes, féministes, citoyennistes, écologistes, végans et nombres d’autres bavardages messianiques connexes.

[…]De cette façon, la plupart de ces personnes qui disent avoir des approches “radicales”, dévient du vrai problème (le Système Technologique Industriel) et basent leurs luttes dans des aspects réductionnistes qui ne font que perfectionner le système et le rendre plus fort. »

À cet égard ils donnent l’exemple de la lutte contre la ségrégation raciale qui a mené à la cooptation, à ce que plus de gens s’intègrent au système de domination et adoptent ses valeurs. En conclusion :

« […] les autochtones, les femmes, les homosexuels, les écologistes, et autres. Le système les a accueillis après que ceux-ci furent protagonistes de luttes pour des améliorations “humanitaires”, c’est à dire, ils ont fait que le système devienne plus “juste” et à simple vue, plus acceptable.

Donc, l’hypothèse que le système doit s’ajuster à l’humanité est éliminée, puisqu’au contraire, les personnes, les gens, la société (peu importe comment on veut le nommer) doivent se mouler aux besoins du système. Il n’y a rien de plus. »

ITS identifient en tant que gauchistes ces tendances idéologiques et personnes qui dédient leurs vies à améliorer le système de domination. Ils avancent même que c’est la société industrielle dans son ensemble qui est gauchiste, puisque celle-ci dans la modernité nous enseigne que nous devons être amiables, passifs, hautement sociables, solidaires, égalitaires, réformistes, etc., des valeurs reproduites par les médias de masse, le marketing, l’éducation, les programmes d’aide gouvernementaux et autres.

Un des facteurs qui caractérise les gauchistes selon ITS, c’est la recherche du pouvoir pour implanter leurs aspirations. En ce sens ITS dénoncent le relativisme qui caractérise les positions gauchistes, surtout en ce qui a trait au pouvoir et à la technologie. C’est par relativisme que ceux-ci affirment que la technologie est « quelque chose de bien si on la regarde d’un point de vue différent ».

« Le rejet de la Technologie est contraire aux valeurs des gauchistes, puisqu’ils en ont besoin pour le pouvoir collectif qu’ils veulent atteindre : ils disent que si tout le monde contrôlait les industries et la Technologie au lieu des quelques-uns qui sont au pouvoir, tout serait différent, ce qui est totalement erroné. Ça serait seulement comme de changer la laisse du chien, les conséquences climatiques et l’impact sur l’environnement de la production à grande échelle continueraient d’endommager la Terre et par conséquent la Domination continuerait d’exister. En réalité ça ne changerait rien. Ce que veulent ces gens en prenant le pouvoir, c’est de réformer le système pour combler leurs besoins psychologiques de bien-être et de progrès, c’est à dire pour rassasier leurs activités de substitution imprégnées de soif de pouvoir et de totalitarisme exacerbé, même s’ils le nient. »

Ils affirment que c’est ainsi que l’humain moderne à tendances gauchistes rejette grandement l’individualisme, celui-ci pense qu’il existe pour servir les autres. Pour ITS, aucun individu ne devrait avoir pour unique but de servir la société ou penser que les autres sont plus importants que lui-même. Ils ajoutent :

« Plusieurs de ces personnes confondent l’individualisme avec l’antisocial. L’être humain est sociable par nature, mais cela ne veut pas dire qu’il soit collectiviste dans tous les aspects de son existence sur la Terre. Le social devient quelque chose d’anormal quand les sentiments d’affection et de solidarité réelle se pervertissent en allant au-delà d’un petit groupe de personnes liées. Pour cette raison on peut dire que le collectivisme est un sentiment créé par l’artificialité à laquelle s’est attaché le gauchisme pour attirer plus d’automates vers ses gigantesques cercles sociaux. »

En ce sens, la solidarité promiscue, un terme souvent utilisé par ITS, est présentée comme une perversion de l’instinct naturel qui tien ses racines historiques dans la philanthropie renforcée par l’amour du prochain chrétien, perpétuée par le gauchisme dans la société technologique moderne et qui n’a plus rien a voir avec la solidarité naturelle entre un nombre réduit de proches :

« […] quand un petit groupe de personnes partagent leurs vies quotidiennement ou un lien très proche, la solidarité se fait présente, comme l’est aussi la défense (les uns les autres), l’appréciation et l’aide, puisque les membres du groupe mentionné se connaissent bien et partagent une vision commune (en quelconque aspect), c’est là ou se développe la vraie solidarité instinctive et naturelle, éloignée du compromis par la force, sentimentaliste et hypocrite de la société gauchiste.

Voilà la solidarité réelle, celle que partagent les individus faisant partie d’un groupe naturel et immédiat de proches, et celle qui n’est pas modifiée par les idéologies et les pratiques victimisantes avec des personnes inconnus de par des schémas psychoculturels. »

Pour ITS, cette solidarité promiscue de personnes sentant un lien psychoémotionnel quelconque avec des personnes inconnues affligées par une condition de souffrance étrangère à la leur, démontre les valeurs hédonistes antinaturelles de la société de masse qui rejette du revers de la main tout ce qui est incommode et indésirable, même si cela fait partie d’un apprentissage naturel, comme dans le rejet de la souffrance et la mort qui sont essentielles au développement humain, à ses instincts et sa survie.

« À quoi servirait une vie sans douleur? À quoi servirait que tout ce que nous voudrions nous l’obtiendrions rapidement et facilement sans faire aucun effort sérieux pour y arriver? Ça n’aurait aucun sens de vivre ainsi, ça ne serait pas vivre, ça ne serait que pulluler et végéter.

[…] nous ne justifions pas pour autant le sadisme ou la sensibilité extrême, qui sont d’autres déviations mentales de la vie civilisée.

La science est celle qui contribue […] à inhiber la douleur et d’en arriver à n’être que de simples humanoïdes incapables même de sentir la douleur, qui est une conséquence d’être vivant.

[…] la vie dans la Nature Sauvage est violente et dure. En fait, le taux de mortalité parmi quelques tribus sauvages était de très bas âge, mais l’important n’est pas la quantité d’années vécues, on peut vivre plus de cent ans et n’avoir fait absolument rien pour atteindre l’Autonomie désirée. D‘un autre côté on peut vivre peu d’années dans la Liberté et ça, c’est déjà une grande victoire.

La mort, l’effort majeur, la souffrance et la douleur ne sont pas des choses “mauvaises” en soi, plutôt elles sont intrinsèques à la vie de chacun de nous qui habitons la Terre. Ce qui est mauvais, c’est la Domination, la perte de l’Autonomie et de la dignité humaine. »

Viva la Revolución?

À plusieurs reprises, ITS raillent les idées révolutionnaires, qu’ils considèrent comme des fabulations de la gauche, et aussi plus spécifiquement l’idée d’une quelconque révolution antitechnologique qu’ils qualifient d’ « idéaliste et irrationnel ». Ils avancent la nécessité d’abandonner « les termes gauchistes » véhiculés par certaines tendances anti-civilisation, pour plutôt « donner lieu à une critique radicale et transcender dans nos positionnements contre la Mégamachine ». Ils jugent que le concept de révolution ne concorde pas avec les idées anti-civilisation puisqu’il s’agit toujours d’en arriver à la prise de pouvoir, la réorganisation et la domination systémique. Les divers mouvements armés ou extrémistes qui veulent réformer ou contrôler le système techno-industriel viennent aussi contribuer à sa consolidation et lui permettent d’atteindre un nouveau régime de « paix » qui avec le temps devient plus oppressant que le dernier.

ITS appellent à une autocritique et une revalorisation des idées anti-civilisation, indispensables devant les ajustements du Système de domination et pour ne pas tomber dans un dogmatisme caractéristique du marxisme « Où le dieu c’est la Nature Sauvage, le messie est Ted Kaczynski, la bible est le manifeste Unabomber, les apôtres sont Zerzan, Feral Faun, Jesús Sepúlveda, entre autres, le paradis tant attendu est la chute de la Civilisation, les illuminés ou les prédicateurs sont les “révolutionnaires” maintenus dans la foi qui serait la confiance aveugle qu’un jour arrivera la “révolution”, les disciples seraient les “potentiellement révolutionnaires”, les croisades ou les missions seraient d’apporter la bonne parole aux cercles impliqués dans les luttes écologistes ou anarchistes (selon où se trouvent les “potentiellement révolutionnaires”) et les athées ou les sectes seraient ceux d’entre nous qui ne croient pas à leur dogme ou qui n’acceptent pas leurs idées comme étant cohérentes avec la réalité. »

Ils jugent que le concept de révolution tient pour beaucoup à la nécessité psychologique d’être récompensé pour ceux qui dédient leur vie au changement, de même qu’il ne tient qu’à la foi pour ceux qui rêvent d’être libérés.

Pour ITS « La lutte contre le système techno-industriel n’est pas un jeu où nous devons gagner ou perdre, vaincre ou être vaincus, c’est quelque chose que plusieurs n’ont pas encore compris et il semble que plusieurs attendent toujours d’être “récompensés” dans le futur pour se l’avoir joué de “révolutionnaires”. On doit accepter que plusieurs choses dans la vie ne sont pas récompensées, que plusieurs tâches et/ou buts ne sont pas atteints (incluant l’Autonomie), et la destruction du technosystème par le travail des “révolutionnaires” est l’une d’elles. Maintenant n’est pas le temps d’espérer l’imminent effondrement, pour ceux qui veulent regarder passer le temps comme si le progrès technologique n’était pas en train de croître à pas gigantesque, dévorant peu à peu la sphère de notre Liberté individuelle. »

Dans le même esprit ITS critiquent certaines positions anti-civilisation sur les idées révolutionnaires et l’éducation des masses qu’ils attribuent entre autres à Ted Kaczynski :

« […] “éduquer” les gens, les masses, une société qui vit du nouveau jeu vidéo et de la musique virtuelle dans ses lecteurs, d’automobiles qui se stationnent seules et d’ordinateurs portatifs, de téléphones cellulaires avec de nouvelles modalités améliorées et de réseaux sociaux? Nous ne voyons aucune possibilité de changement structurel à grande échelle sans les masses, pour autant nous ne voyons aucune possibilité de l’événement de toute une mer de gens, raz-le-bol des conséquences de la vie occidentale, du sédentarisme et de l’avancé du Système Techno-industriel, détruisant violemment celui-ci. Nous ne croyons pas que ce soit possible. »

Et un peu plus loin :

« Même si par une action coordonné de sabotage par les “révolutionnaires” […] le système collapsait, la domestication continuerait d’exister. Le Système Techno-industriel continuerait latent même avec très peu de personnes le soutenant (si ce n’est que dans un certain futur il soit capable de s’auto-soutenir lui-même). La nature s’épanouira sans doute (dans cet exemple), mais […] ceux qui étaient habitués a la commodité et au bonheur artificiel de l’ancien système tenterons de le reconstruire. »

Certains se demanderont peut-être pourquoi donc ITS transmettent-ils leurs idées en revendiquant des actions par communiqués?

« ITS ne publient pas ce genre de communiqués pour que les gens se “libèrent” ou “se rendent compte” de la situation vécue par la Terre avec le développement technologique et qu’à partir de cela ils “changent” leurs habitudes ou leur façon de végéter, bien sûr que non (nous serions très stupides si nous pensions ainsi). Nous ne somme pas, ni ne voulons, ni sommes intéressés d’être les “sauveurs bien intentionnés”, nous n’avons rien à faire des avant-gardes gauchistes qui pensent vaguement qu’avec une action violente revendiquée par un communiqué public ils changeront la mentalité putréfiée de la société civile. Ce genre de message est dirigé uniquement et exclusivement aux individus, ou groupes d’affinités, ou dans un processus d’idées, pour qu’ils décident de porter la critique envers le Système Technologique Industriel à un autre niveau, bien entendu, avec des bases concrètes et éloignées des symptômes civilisateurs, à partir de leurs propres moyens; de plus, essayer d’apporter une contribution sincère et importante pour cette lutte qualitative contre la Civilisation et sa pseudo-stabilité. »

« Est-ce que ITS est un groupe anarchiste? »

Sur ce point ITS répond que bien qu’ils fassent publier leurs communiqués par des espaces de diffusion anarchistes, ils ne s’identifient pas avec cette idéologie qui, expliquent-ils, s’est garnie de tellement d’adjectifs et de sous-courants qu’il devient difficile d’en faire ressortir le caractère unique, ainsi que d’expliquer un positionnement sur chacun de ces aspects prendrait trop de temps à expliquer. Le même constat est fait à propos du primitivisme qui, ajoutent-ils, souffre de déformations et de manipulations. Ils précisent :

« […] nous ne partageons pas la vision des anarchistes à propos de la destruction de ce monde pour en construire un “nouveau”, “autogéré” et à l’intérieur des paramètres de l’appui mutuel (à des inconnus) et la solidarité (promiscue), ce qui, comme nous l’avons déclaré antérieurement, est antinaturel.

[…]Ce en quoi nous croyons c’est l’unique vrai et chaotique concept de l’Anarchie (qui n’est pas la même chose que l’anarchisme), dans l’illégalité pour atteindre nos objectifs et ne pas endurer ou baiser les pieds des membres et dirigeants de la société techno-industrielle. »

ITS émettent aussi une critique de la « nouvelle guérilla urbaine » impulsée principalement par les prisonniers de Conspiration des Cellules du Feu en Grèce et leurs affinités, comme quoi la seule « nouveauté » serait l’autonomie et la décentralisation de l’action. ITS ajoutent que cette stratégie n’a donné que plus de prisonniers et qu’ils ne s’attendent pas à revoir des procès comme celui de la RAF dans les années 70. Ils font cependant une nuance en parlant de la tendance anarcho-nihiliste :

« ITS pense que parmi ces cellules il existe des gens qui ne sentent pas la nécessité de construire une nouvelle société, mais plutôt de détruire l’existant, un objectif que nous ne considérons pas comme gauchiste. Les États sont réellement préoccupés par la levée de sabotages anarchistes, ce qui démontre qu’ils en sont arrivés à constituer une menace pour le système économique-politique de certains pays, quelque chose qui leur est digne de reconnaître. »

Donc, ITS n’œuvrent clairement pas à « changer le monde » et affirment à quelques reprises qu’ils ne croient pas non plus qu’ils aient bouleversé le cours des choses avec leurs actions, mais maintiennent fermement leur volonté de mener une guerre contre la Civilisation :

« Bien que tout ceci soit inutile et tombe dans la stérilité, nous préférons nous battre dans une guerre contre toute domination plutôt que de rester inertes, dans l’expectative, passifs ou comme faisant partie de tout ça.

Nous préférons nous positionner du côté de la Faune et la Flore Sauvage restantes. Nous préférons retourner vers la Nature, la respecter dans l’absolu et abandonner les villes en maintenant nos revendications en tant que Guerriers Anticivilisation. Nous préférons continuer la Guerre qu’on nous a déclarée depuis des années, en sachant que nous allons perdre, mais en nous promettant à nous-mêmes que nous donnerons notre plus grand effort.

Car, bien que certains facteurs à l’intérieur de la Civilisation nous indiquent que nous sommes domestiqués biologiquement depuis longtemps, nous continuons d’avoir les Instinct Sauvages qui nous poussent à défendre tout ce dont nous faisons partie, de la Terre. »

Critiquer par la raison et agir par instinct

« Nous critiquons par la raison et nous agissons par instinct, les deux vont main dans la main. Une nous sert pour analyser et critiquer en profondeur ce qui se passe maintenant et l’autre nous sert pour l’attaquer de manière frontale, sans aucune compassion et en rejetant quelconque considération pseudo-morale de la Civilisation. »

À ceux qui cherchent à déchiffrer leurs motivations et qui les critiquent de décharger leurs frustrations avec des attentats contre les scientifiques, ITS répondent que leurs sentiments et leur émotivité, ils les gardent pour d’autres aspects de la vie, que ces attaques proviennent de leur instinct de survie et que de renoncer à cet instinct c’est de tomber dans le piège de la Domination. Plus explicitement :

« Attaquer le Système Techno-industriel est un instinct naturel de survie (de même que de mener un style de vie anti-industriel en petite communauté), en tant qu’entités rationnelles nous comprenons que cette réalité que le système a créée est contraire à la Nature, et sa défense sauvage est ce qui nous pousse comme individus acivilisés, pour cela ITS utilise la confrontation directe pour arriver à ses dites fins, il n’y a rien de plus répugnant et répréhensible pour la société, les autorités et le système même que l’utilisation de la violence.

Le système est toujours celui qui appelle au dialogue, à l’utilisation de la parole, à régler les problèmes comme des “gens civilisés”, parce qu’il craint la déstabilisation et le possible effondrement de sa paix sociale par l’utilisation excessive de la confrontation de la part d’individus éveillés.

L’espèce humaine est conflictuelle par nature, et rejeter cette valeur intrinsèque est un antagonisme de ce que nous sommes réellement ou que nous étions (pour les civilisés modernes).

ITS ne met certainement pas la violence sur un autel, nous la voyons simplement comme un moyen. »

Pour ce qui est de leur conception de la Réalité, ils affirment qu’ils la centrent dans la perception de leurs sens par lesquels ils acquièrent des connaissances cognitives en utilisant la Raison pour décortiquer par une critique radicale la fausse réalité artificielle imposée par le Système Techno-industriel.

ITS rappellent que l’imagination et la créativité (en autre mot, la fiction) jouent aussi des rôles importants pour l’espèce humaine dans l’adaptation de ses habiletés et la survie dans son environnement. Un problème surgit toutefois de ces mêmes dispositions lors-qu’elles se retrouvent à l’intérieur d’une réalité imposée par la Civilisation où la fiction occupe la majeure partie du temps :

« Volpi l’a dit : “Nous y sommes tous les jours à vouloir être confrontés par la fiction, nous regardons la télévision, nous jouons à des jeux vidéos, nous allons au théâtre, nous écrivons[4]” indiquant une sévère déviation de la réalisation des besoins biologiques qui par nature doivent être comblés grâce à un effort sérieux (processus de pouvoir).

L’espèce humaine déformée se crée toujours plus d’activités de substitutions et se laisse embrumer la pensée par une “surdose” de fictions, laissant de côté ce qui est important, tombant ainsi dans un des pièges du Système de Domination : la distraction. »

Devant cette réalité artificielle, ainsi que le relativisme de la société techno-industrielle et les valeurs émanant de la Civilisation[5] qu’ils nomment pseudo-morale, il est essentiel pour ITS de pouvoir se centrer dans une réalité irréfutable. De ce fait, ils annoncent « ITS n’est pas un groupe amoral » et expliquent que leur conception de la moralité est basée dans le monde physique où la Nature Sauvage et la Civilisation s’opposent : « La Nature c’est le bien, la Civilisation c’est le mal ».

L’humain s’est développé pendant des millions d’années dans la Nature Sauvage, et ceux qui défendent la Civilisation et ses valeurs (progrès, science, technologie, culture civilisée, etc.) défendent la déviation de ce développement par la Domination, sont incapables de voir la Réalité et s’enfoncent dans leur propre destruction.

Loin de toute dualité métaphysique (esprit-corps, foi-raison, etc.) ou théologique (dieu-diable, bénit-maudit, etc.) ils argumentent que la dichotomie Nature Sauvage / Civilisation est basé dans la Réalité, que nous sommes des entités physiques avec des besoins physiques à l’intérieur d’un monde irréfutablement physique, que la métaphysique est une reproduction mentale des schémas psychoculturels imposés par la Domination :

« Pour ITS la Nature n’est pas une déesse, elle n’est pas notre mère, ni rien du genre. La Nature est ce qu’elle est, c’est une objectivité absolue, point ; l’adorer ou l’idéaliser serait de tomber dans la sacralité irrationnelle, contre laquelle nous sommes entièrement opposés. »

Un duel à mort

Ces dernières années, certains membres de la société techno-industrielle et particulièrement les milieux scientifiques, ont porté une certaine attention aux attaques par lesquels ils sont ciblés, ont peut le voir par plusieurs articles qui sont récemment parus dans la revue Nature[6], par exemple, et qui se préoccupe de cette tendance, surtout depuis l’attentat réussi d’ITS contre le Dr Armando Herrera Corral, coordinateur du CEDETEC (Centre de Développement Entrepreneurial et de Transfert de Technologie), blessant celui-ci et son collègue, le scientifique en robotique Alejandro Aceves López, au Tec de Monterrey le 8 août 2011, ainsi que l’enlèvement et la jambisation de l’entrepreneur nucléaire Roberto Adinolfi (directeur d’Ansaldo Nucleare) par Nicola Gai et Alfredo Cospito le 7 mai 2012 à Genève[7]. Le problème est de plus préoccupant pour ceux-ci puisqu’il ne s’agit pas d’une confrontation traditionnelle, dans le sens où il n’y a pas de demandes auxquels on puisse répondre ou de négociation possible avec une quelconque opposition ni un ennemi clairement défini sur lequel se concentrer.

« Nous ne voulons pas d’un nouveau régime “alternatif” ou plus “vert” dirigé par des intellectuels, des militaires ou des politiciens; nous voulons que tous les régimes qu’englobe la Civilisation soient détruits. »

De plus ces attaques venant d’initiatives individuelles et totalement décentralisées sortent de l’habituelle action symbolique ou d’un dommage matériel facilement remplaçable et vont directement contre l’intégrité physique de ses personnes. ITS ne peuvent pas êtres plus clair quand ils répondent aux condamnations de leurs gestes :

« Les condamnations ne se sont pas fait attendre, ils nous appellent terroristes ces inutiles membres de la société industrielle, qu’ils sachent que nous le prendrons comme un compliment. Nous le répétons, nous ne sommes pas de simples saboteurs metteurs de bombes, nous sommes plus que ça, et s’ils nous cataloguent en tant que terroristes, ils ont raison, bref notre objectif est de mutiler ainsi que de tuer ces scientifiques, recherchistes, professeurs et autres racailles qui sont en train de réduire la Terre à un simple déchet urbanisé. »

ITS savent bien que le progrès ne s’arrête devant rien et que les scientifiques continueront leurs recherches au Mexique et ailleurs, mais ils avertissent toutefois qu’en même temps que le Système techno-industriel avancera, ses défauts seront de plus en plus évidents et catastrophiques et les attaques augmenterons, qu’il y aura des répercussions à détruire la Terre.

Ils affirment plus d’une fois qu’eux-mêmes ne visent pas à arrêter le système, bien que cela soit désirable, ils préfèrent viser « ce qui est tangible, palpable et immédiat, et cet immédiat c’est l’attaque avec toutes les ressources, temps et intelligence nécessaires contre ce système. Nous sommes des individualités en processus d’accomplissement de notre Liberté et notre Autonomie, à l’intérieur d’un environnement optimal, et de pair nous attaquons le système qui nous veut clairement dans des cages, répondant à nos instincts humains sauvages. Avec cela nous nous efforçons en tant qu’individus en affinités à nous maintenir le plus loin possible des concepts, pratiques et idéologies gauchistes et civilisés. »

C’est justement ce processus d’accomplissement de la Liberté et l’Autonomie comme le conçoivent ITS qui est irréconciliable avec la Civilisation. La vraie Liberté selon ITS c’est « le développement autosuffisant des capacités, tendances et besoins biologiques, physiques, psychologiques et émotionnels, à la fois individuellement comme en compagnie d’un cercle social immédiat et réduit de personnes liées. Le développement intégral et sans aucune médiation ou limitation imposées par la Civilisation et le progrès humain. Tout cela, dans un environnement naturel comme déterminé par des individus évolutivement adaptés. C’est la vraie liberté, comme en jouissait l’homme primitif, sans agriculture, sans production à grande échelle et sans technologie complexe. »

Comme ils le soulignent, leur nom le dit, ils sont une convergence d’individus en chemin vers un état primaire et sauvage qu’ils définissent comme étant le style de vie des premiers homo sapiens de l’ère paléolithique qui se développaient dans un environnement sans technologie complexe, sans agriculture, sans sédentarisme et par conséquent sans Civilisation. Ils acquiescent cependant que la Terre a bien changé depuis et qu’elle est maintenant excessivement peuplée[8] :

« Ce sont des choses très différentes, de dire que ce mode de vie semble adéquat et un autre, de dire qu’il est facile de retourner vivre de cette façon. S’il est clair que certaines cultures dans le monde persistent encore à vivre comme leurs ancêtres il y a des milliers d’années, (exemples: Aborigènes australiens, Yanomami, Mentawai, Danis, Boshimans, Inuits, Waorani, certains Raramuris, etc), il existe certaines limitations sévères (physiques, psychologiques et environnementales, sans doute) auxquelles comme humains modernes, nous devons faire face et surmonter si nous voulons adopter à nouveau ce mode de vie avec la nature. Bien que chaque jour il y a moins de zones sauvages en Amérique (en parlant de “notre” territoire) dans lesquelles le mode de vie chasseur-cueilleur-nomade puissent être employé, ça ne nous apparait pas complètement impossible.

Il serait naïf de dire que c’est facile. Logiquement il doit y avoir un processus.»

Quoiqu’on pense de leurs postures et de leurs méthodes, ITS incarne clairement une expression humaine d’une confrontation irréductible, un duel jusqu’à la mort (et peut-être perdu d’avance), entre la Nature Sauvage et le Système Techno-industriel. Sur ce, je leur laisse le mot de la fin :

« Pour terminer, nous l’avions déjà dit dans nos communiqués précédents, avec ces attaques nous n’essayons pas de gagner ou de perdre (celui qui pense qu’il gagnera a déjà perdu à partir de ce moment), ce dont il est question c’est de faire face au système et à ceux qui le soutiennent, démontrer avec des actions qu’il ne nous a pas dominés, que nous n’avons pas accepté ses valeurs, que nous continuons d’être des humains avant d’être des robots, qu’ils n’ont pas totalement domestiqué notre conduite, que nous résistons à faire partie de leurs menteries et de leurs négociations, que nous ne voulons d’aucun pacte, nous ne voulons pas quelque chose de mieux ou moins nocif, nous voulons l’affrontement, la guerre à mort contre ce sale système. »

notes:

[1] Voir Engines of Creation par Eric Dexler. L’importance de cette théorie aux yeux d’ITS fut rejetée par ceux-ci après qu’elle fut présentée comme l’essentiel de leurs motivations dans l’article de Chris Toumey, Anti-nanotech violence, revue Nature, octobre 2013.

[2] À propos des nombreuses citations utilisées par ITS au cours de leurs communiqués (de Nietzsche, Einstein, Ayn Rand, Orwell, Bill Joy etc.), ceux-ci prennent la peine de préciser qu’ils ne sont pas en accord avec ce que disent en général ces personnes, mais qu’ils citent des passages spécifiques quand cela leur convient.

[3] Sur plusieurs termes comme sursocialisation, activités de substitution et processus de pouvoir, ainsi qu’une grande partie des idées dans cette section, voir La société industrielle et son avenir par Freedom Club/Theodore Kaczynski.

[4] Jorge Volpi, La mente : El cerebro y el arte de la ficción.

[5] Présentés dans la section La Société Techno-industrielle

[6] Stand up against the anti-technology terrorists, Gerardo Herrera Corral (frère d’Armando Herrera Corral victime d’un attenta d’ITS), Nature N° 476; Anarchists attack science, Leigh Phillips, Nature N° 485; Nanotechnology: Armed resistance, Leigh Phillips, Nature N° 488, Anti-nanotech violence, Chris Toumey, Nature, octobre 2013, pour en dénombrer quelques-uns

[7] Le 12 novembre à Genève, Nicola Gai et Alfredo Cospito ont été sentenciés à 9 ans et 4 mois et 10 ans et 8 mois respectivement, sous accusation « d’attaque ayant pour but le terrorisme » pour l’enlèvement de Roberto Adinolfi, patron de la firme nucléaire Ansaldo Nucleare. et lui avoir tiré une balle dans le genou.

[8] Il vaut la peine de préciser que dans leur septième communiqué ITS rejette explicitement toute forme de génocide, de stérilisation et de contrôle de la population caractéristique du courant écofasciste (largement représenté par Pentti Linkola) et qui sous-entend le maintien de la Civilisation et de la Technologie à ces fins.

Ndt : Du premier au cinquième communiqué ITS utilise le « x » présents dans plusieurs écrits anarchistes de langue espagnole pour éliminer le genre dans la grammaire, ce qui est impossible de reproduire en français, étant donné que la féminisation équivaut à une tentative d’égaliser ou confondre les genres plutôt que de les éliminer. À partir du sixième communiqué, ITS rejette cette façon d’écrire la qualifiant de « sous-culture grammaticale » émanant du gauchisme et du réductionnisme.

Chronologie d’événements entourant ITS

14 avril 2011 : Un colis piégé dirigé au chef du Département d’Ingénierie Nanotechnologique est laissé par ITS à l’Université Polytechnique de Valle de México. État de México. L’explosion blesse gravement un gardien de sécurité du campus qui ouvre le colis.

27 avril 2011 : Premier communiqué d’ITS; une critique de la nanotechnologie.

9 mai 2011 : Une bombe est placée au campus de l’Université Polytechnique de Valle de México et une menace à la bombe est envoyée à l’institution. L’intention, révélée par la suite par ITS, est d’atteindre les policiers répondant à la menace. La bombe est retrouvée et désamorcée par la police.

22 mai 2011 : Deuxième communiqué d’ITS; une critique de l’impact de la technologie sur l’environnement et du concept de révolution.

8 août 2011 : Un colis piégé dirigé au Dr Armando Herrera Corral, coordinateur du Centre de Développement Technologique (CEDETEC), est laissé par ITS au Tec de Monterrey – campus de l’État de México. Le colis est retrouvé et remis à celui-ci. Il explose blessant sérieusement sa cible ainsi que son collègue, le scientifique en robotique Alejandro Aceves López.

9 août 2011 : Troisième communiqué d’ITS; une critique des scientifiques, de la nanotechnologie et de la technologie de l’information.

28 août 2011 : Un attentat à la bombe d’ITS contre les recherchistes et biotechnologistes du Centre de Recherche et d’Études Avancées de l’Institut Polytechnique National à Irapuato, Guanajuato, échoue grâce à l’intervention de l’armée mexicaine.

6 septembre 2011 : Un colis piégé dirigé à Dr Flora Adriana Ganem Rondero, tête du département de Technologie Pharmaceutique de l’UNAM, est laissée par ITS sur le campus à México, DF, le colis est désamorcé par la police.

mi septembre 2011 : Un colis piégé dirigé à Pedro Brajcich Gallegos, le directeur général de l’Institut National de Recherche en Foresterie, Pêche et Agriculture, investit dans l’ingénierie génétique, est laissé sur les lieux de cette institution à México, DF. Revendiquée par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée, ni par les autorités ni par les médias.

21 septembre 2011 : Quatrième communiqué d’ITS; une extensive analyse des thèmes présentés dans les précédents communiqués, ainsi que des clarifications sur plusieurs positionnements.

8 novembre 2011 : Le proéminent biotechnologiste Ernesto Méndez Salinas, de l’Institut de Biotechnologie de l’UNAM à Cuernavaca, est retrouvé mort dans son auto, assassiné d’une balle à la tête. Revendiqué par ITS, les autorités mexicaines ont toujours présenté cet événement comme une tentative de vol raté.

novembre 2011 : Un colis piégé est dirigé au Dr Pedro Luis Grasa Soler, directeur général du campus du Tec de Monterrey dans l’État de México. Revendiqué par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée ni par les autorités ni par les médias.

novembre 2011 : Dr Manuel Torres Labansat, directeur de l’Institut de Physique de l’UNAM, et Carlos Aramburo de HOZ à Mexico, reçoivent un colis contenant une balle de calibre 308 et une lettre de menaces de la part d’ITS.

novembre 2011 : Un colis piégé est envoyé à Francisco D. González, directeur du quotidien Milenio à México, DF. Revendiquée par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée ni par les autorités ni par les médias.

25 novembre 2011 : Un colis piégé d’ITS est intercepté et désactivé aux bureaux de Greenpeace Mexico, dirigé à l’activiste Alejandro Olivera.

8 décembre 2011 : Un colis piégé est envoyé par ITS à la directrice en recherche de l’Université Polytechnique de Pachuca à Zempoala, Marcela Villafaña. Un académicien est blessé lorsqu’il ouvre le colis.

19 décembre 2011 : Cinquième communiqué d’ITS; une critique et une déclaration de guerre contre la gauche.

décembre 2011 : Un colis piégé est envoyé par ITS à Pablo Cesar Carrillo, directeur du quotidien Milenio à León, Guanajuato. Revendiqué par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée ni par les autorités ni par les médias.

28 janvier 2012 : Sixième communiqué d’ITS; une autocritique.

août 2012 : Un colis piégé est envoyé aux neurologues de l’Institut Technologique Autonome du Mexique, à México, DF. Revendiqué par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée ni par les autorités ni par les médias.

11 février 2013 : Une lettre piégée est envoyée par ITS au recherchiste en nanotechnologie, Sergio Andrés Águila, à l’Institut de Biotechnologie de l’UNAM à Cuernavaca, Morelos. Au moment d’ouvrir la lettre, celui-ci se rend compte d’une poudre noire et de fils et alerte les autorités. La lettre fut désactivée par des spécialistes de l’armée et les autorités accusèrent les cartels de l’État de Morelos.

18 février 2013 : Septième communiqué d’ITS; une critique de la gauche radicale, de l’anarchisme, de l’écofascisme et d’articles parus dans la revue Nature à propos d’actions antitechnologiques.

21 février 2013 : Une lettre piégée blesse un travailleur du service postier à Mexico lorsqu’il décide de la soustraire et de l’ouvrir dans son auto. Plus tard durant la journée, ITS revendique la lettre en publiant une note à propos de l’incident. La cible ne fut jamais divulguée.

septembre 2013 : Un colis piégé est dirigé à Alejandra Lagunes Soto, ex-gérante de Google México et actuelle chef coordinatrice de la Stratégie Numérique Nationale de la Présidence du Mexique. Revendiqué par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée ni par les autorités ni par les médias.

septembre 2013 : Un colis piégé est dirigé à Guillermo Turrent Schnas, directeur de Modernisation et Administration de la Commission Fédérale de l’Électricité. Revendiqué par ITS, l’information à ce sujet ne fut jamais dévoilée ni par les autorités ni par les médias.

fin janvier 2014 : Une entrevue d’ITS réalisée le 28 avril 2012 pour une publication anarchiste, Que la nuit soit illuminé, genèse, développement et essor de la tendance anarchiste informelle, est publiée avec quelques modifications de leur part.

février 2014 : Huitième communiqué d’ITS; réponse à un article à propos d’eux dans la revue Nature et à la censure de leurs actions, ainsi que quelques clarifications sur leurs motivations.


 

Mexique: manuel, nanotechnologies et attentats

Jeudi 22 septembre 2011

Medidas para atentados 2011

Le document que nous publions ci-dessous a eu un parcours tortueux. Edité par les autorités mexicaines, il nous est parvenu via un blog anarchiste brésilien, dont la présentation a été traduite par un ami hispanophone.

Ce document, intitulé « Medidas de Seguridad Mínimas para la Prevención y/o Atención de Atentados » (“manuel de Mesures de Sécurité Minimales pour la Prévention et/ou Vigilance Attentats”) expose le protocole de sécurité recommandé au personnel universitaire et aux étudiants face aux menaces d’attentats de groupes anarcho-primitivistes.

Il évoque en introduction l’évolution des actions de ces groupes vers les sabotages et attentats contre des installations scientifiques, et leurs dernières attaques. Le motif de ces attaques pour les anarchistes est la prétention des scientifiques à « domestiquer la nature ». Le document désigne explicitement le groupe ITS, “Individualidades Tendentes a lo Salvagem”.

Puis vient le protocole, en 7 rubriques :

1- Protection de cibles possibles. 2- Normes générales. 3- Traitement du service de colis. 4- Réaction face aux appels de terreur. 5- Recherche et identification d’explosifs. 6- Détonation d’un explosif [comment réagir face à la] 7- Profil de l’anarchiste qui milite en groupe comme le dénommé « Individualités Tendant au Sauvage » (ITS) : habillé en noir, peu soigné, il est « étranger au contexte social majoritaire », nerveux et méfiant (« il ne permet pas qu’on fouille dans ses possessions »).

Et en annexe les questions qu’il faut poser si on reçoit un appel de menace et les informations qu’il faut retenir.

Lire aussi sur le sujet : Un article de “Nature” sur la “résistance armée aux nanotechnologies” au Mexique

***

16 septembre 2011

Agence de nouvelles anarchistes

http://noticiasanarquistas.noblogs….

Manuel, nanotechnologie et attentats.

Des autorités universitaires mexicaines ont publié récemment un assez comique « manuel anti-attentats anarchistes » afin de prévenir le milieu universitaires face à un éventuel attentat. Le texte qui suit aborde ce sujet.

Le manuel de Mesures de Sécurité Minimales pour la Prévention et/ou Vigilance Attentats, écrit par les autorités fédérales et universitaires après l’attaque d’un groupe anti-industriel qui a blessé deux ingénieurs au Tec de Monterrey [Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Monterrey](1) le mois dernier, n’est qu’un des nombreux documents qui ont commencé à circuler dans les milieux académiques depuis.

Luis Mochán Bakal, chercheur et physicien du Conseil de Direction du Capus Morelos de l’UNAM [Université Nationale Autonome du Mexique], membre de l’Académie des Sciences de Morelos, de l’Académie de Recherche Scientifique et professeur à la Faculté de Science de l’Université Autonome du Estado de Morelos, est l’un des principaux scientifique qui se consacrent à la diffusion et l’analyse du message contre la menace anti-technologique au Mexique. De même que le Secrétariat d’Enseignement Publique, l’Espace Commun d’Enseignement Supérieur Technologique, le Sous-système d’Universités Polytechniques, Universités Technologiques et l’Association Nationale d’Universités et Institutions d’Éducation Supérieure. Ensemble, ces institutions et écoles supérieures ont publié une série de manuels et documents afin de protéger le personnel universitaire et les étudiants. Les images (documents filtrés) prouvent le travail effectué pour protéger coûte que coûte la technologie et le progrès de la civilisation.

Ces mesures de sécurité ont été à nouveau transgressées mardi après-midi (2), quand un paquet d’explosif a été abandonné dans l’aire de recherche de la Faculté d’Études Avancés, de l’UNAM, dans la commune de Cuautitlan, dans la région de Mexico. Bien que le dispositif ait été désactivé, les individus qui l’ont laissé ont démontré qu’il y a toujours une vulnérabilité dans des institutions aussi importantes que les facultés de l’UNAM, malgré ses mesures de sécurité absurdes et paranoïaques. De nombreux articles journalistiques ont été publiés suite à cette nouvelle tentative d’attaque physique contre une chercheuse qui développe ses activités dans le domaine des nanotechnologies pharmaceutiques. Depuis lors, la psychose fait des ravages dans la communauté scientifique mexicaine.

Il y a quelques jours, le physicien Gerardo Herrera Corral – frère d’un des scientifiques blessés dans l’attentat du Tec, après avoir reçu lui aussi un colis piégé au CINVESTAV où il travaille (3) – a déclaré dans un texte paru dans la presse que les groupes comme ITS (Individualidades Tendentes au Selvagem) doivent être considérés comme une menace réelle. Dans ce texte, il donne l’impression de vouloir établir un dialogue avec ledit groupe, quant il dit que les groupes extrémistes doivent se « rendre compte » que la technologie n’est pas nuisible, mais que le mal est dans l’usage que les personnes en ont fait. Les groupes anti-civilisation comme celui-ci, et d’autres encore, ont déjà déclaré ouvertement que la technologie n’est pas neutre, qu’elle n’est pas en dehors du système, mais qu’elle aide à sa construction et son maintien ; de sorte qu’une attaque frontale est nécessaire autant pour tenter de l’arrêter que pour le détruire (d’après l’idéologie de quelques groupes d’action et diffusion).

Être réveillé et alerte face aux stratégies de l’État, des institutions et des entreprises est hautement nécessaire afin de ne pas être pris au dépourvu par leurs mouvements à l’avenir.

Feu au système techno-industriel ! Pas de compassion, bordel ! Rage et Action

Notes

1-Le 8 août un colis piégé a été envoyé à un scientifique du Tec de Monterrey par un groupe apparemment dénommé Individualidades Tendentes a lo Salvaje (traduction littérale ’Individualités Tendant au Sauvage’ et qu’il faut comprendre plutôt comme ’individualités qui vont vers ce qui est sauvage’). La personnalité visé était Armando Herrera Corral. Les blessés sont lui-même et son collègue. http://www.eluniversal.com.mx/prime…

2-Cette attaque est évoqué par deux textes sur le net et aurait pour date le 8 septembre. Voir : http://noticias.universia.net.mx/vi… (qui parle d’abord d’une professeure morte dans le Campus mais sans rapport avec le colis piégé ni les anti-industriels) et http://www.larevista.com.mx/noticia…

3- Apparemment ce colis piégé n’en était finalement pas un, il contenait des livres. Voir : http://noticias.universia.net.mx/vi…


 

Communiqué revendiquant l’envoi d’une charge explosive à Greenpeace

:Sabotagemedia

Depuis le dernier communiqué de ITS [Individualités Tendant vers le Sauvage] (21 septembre 2011) beaucoup de choses se sont passés, nous avons continué avec les attaques qui nous caractérisent, mais dans ce court texte, nous n’en revendiquerons pas encore la responsabilité (sauf un). Puisque le but de s’asseoir pour écrire ceci et placer nos doigts sur une machine encore une fois, est de nier toute cette information médiocre et de disqualification qui se dégage d’une minorité de cellules de gauche.

Il est certain que ITS est étranger à tout ce qui se passe dans le monde virtuel, c’est-à-dire, nous ne surveillons pas ce qui arrive dans le large spectre tant des anarchistes d’action que de ceux qui défendent l’anarchisme passif, c’est seulement dernièrement que cette information nous est parvenue.

Nous avons entendu d’un vacarme qui se fait à l’égard de nos idées et de nos actions au sein de ces cercles, ils/elles nous accusent d’être une fabrication de «l’état répressif» (phrase que les gauchistes néfastes aiment tant parler), ils/elles disent que nous sommes le travail d’une force surnaturelle du mal machiavélique qui contrôle les esprits du monde entier. Ils/Elles remettent en cause nos paroles critiques contre toutes les valeurs du système, car ils n’apprécient pas que quelqu’un qui a la Raison leur fassent voir la Vérité.

Pour commencer, en entendant tant de conneries, nous avons décidé de garder le silence, mais voyant que le bruit continue, nous avons décidé d’écrire ces lignes.

ITS peut être tout ce qui a été déclaré à plusieurs reprises par d’«importants» (et pas si «importants») membres de la société techno-industrielle, mais jamais complices du système de domination.

Nous rejetons catégoriquement toutes ces étiquettes qu’on nous a mis, nous ne sommes pas «éco-anarchistes» ou «anarcho-écologistes», comme nous avons fait tout à fait clair dans notre communiqué du 21 septembre, si quelqu’un ne l’a pas compris, qu’ils/elles le lisent à nouveau pour comprendre.

Il est logique que, devant un discours et des actions comme les nôtres il devait y avoir des réactions de toutes parts et il semble que l’aile “indignée” de l’anarchisme a répondu, bien que pas très intelligement. Nous sommes contre les valeurs qu’ils/elles prêchent à gauche et à droite, nous sommes contre plusieurs concepts qu’ils/elles considèrent comme sacrés, nous sommes contre leurs stratégies, car tout ce qu’ils/elles défendent est déposé dans le système. IdiotEs qui ne virent pas le bateau et qui va bientôt couler, irrémédiablement. C’est ainsi qu’ils/elles trouvent quelque chose (ou beaucoup) d’«étrange» à propos d’ITS, ils/elles se trouvent à être comme des civiliséEs dans une forêt de végétation sylvestre quand ils/elles lisent nos communiqués, ils/elles ne savent pas par où aller. Gauchistes confusEs qui comprendront peut-être un jour, ou bien qui resteront debout dans les sables mouvants, immobiles et passifs.ives, attendant que les conditions de leur environnement les consomment. Mais en réalité ça ne nous concerne pas le moins du monde.

ITS a vu et a fait l’analyse que les gauchistes sont une menace réelle, ne cherchant qu’à réformer le système et créer des alternatives, afin de «lutter» contre lui, mais (bien qu’ils/elles ne s’en rendent pas compte) ils/elles sont inutiles, puisqu’ils/elles le nourrissent seulement. La guerre contre les académiciens.iennes et technologues est déclarée (ce qui est plus que clair et nous l’avons démontré), mais aussi la guerre contre le gauchisme, nous avons donc envoyé un colis avec une charge incendiaire aux bureaux de Greenpeace Mexique (qui est arrivé [selon les autorités] le 25 novembre de cette année).

Le paquet a été envoyé à l’activiste Alejandro Olivera, qui insiste sur la réalisation de campagnes hypocrites en «faveur» de l’environnement, afin de gagner en notoriété publique, ses besoins psychologiques font de son activisme une activité de substitution qui embrouille de nécessités artificielles comme la réalisation de soi agissant comme son «devoir moral» de faire la «chose correcte» face à la dévastation que les écosystèmes subissent.

Sûrement Olivera ne s’en rendera pas compte (puisque son raisonnement n’en permet pas plus), il ne réalisera pas que Greenpeace est l’une des nombreuses organisations hautement réformistes, qui veulent seulement changer les lois pour d’autres afin de réaliser illusoirement un sauvetage supposé de la Terre, avec cela vien la menace, le changement des aspects économiques, politiques, sociaux et culturels afin que le système continue sur sa trajectoire. (Sur ce point, nous ne dirons pas plus, le moment viendra où nous écrirons un long communiqué qui regroupe toutes les explications rationnelles à de telles attaques.)

Devant ce type d’organisation de gauche nous répondons evec des attentats directes, tous.tes ceux/celles qui cherchent un monde qui est «plus juste», «plus humain» et «plus vert» sont sur notre liste, avec ITS s’en est terminé des considérations, terminé le ce qu’ils disent, nous ne prétendons pas être les «activistes bien intentionnéEs» avec une belle image modérée, nous sommes un groupe d’écologistes radicaux.ales, anti-industriels.elles de coupe terroriste (envers la société et ses défenseurEs).

ITS montre son vrai visage, nous nous rendons au point central, la défense acharnée de la Nature Sauvage (y compris humaine) ne se négocie pas, nous effectuons notre tâche avec le matériel nécessaire, sans compassion et acceptant la responsabilité de l’acte. Nos instincts nous le font faire, car (comme nous l’avons déjà dit) nous sommes en faveur de la violence naturelle contre la destructivité civilisé.

Que tous/toutes les gauchistes soient prévenuEs (et avec les gauchistes nous nous référons aussi bien à ceux/celles de la gauche comme de la droite): ITS n’hésitera pas à faire un attenta à l’intégrité physique de l’unE de vous, vous êtes nos ennemiEs et donc nos menaces se matérialiseront dans les balles et la dynamite.

Cela dit, nous déclarons que nous n’allons tout simplement plus mentionner les attaques des eunuques gauchistes pour l’instant, ils/elles ne méritent aucune considération, car ces gens médiocres (avec beaucoup de manque d’attention) font l’impossible (et arrivent à des extrêmes ridicules) afin de gagner en notoriété au sein de certains mouvements (un acte tout à fait pathétique); comme on dit: le poisson meurt par sa propre bouche.*

Pour les humiliantEs mythomanes gauchistes qui cherchent à détruire notre discours et les attaques avec de faux arguments fondée non pas dans la Raison, mais plutôt dans la spéculation, l’irrationalité et l’animisme, ne vous attendez pas qu’on retienne nos attaques, ne vous attendez pas au dialogue avec ITS, ne vous attendez pas à une réponse à vos possibles questions, de ITS, attendez-vous seulement au pire…

Individualidades Tendiendo a lo Salvaje

[Individualités Tendant vers le Sauvage]

* Une expression se référant à la façon dont les choses que l’on dit négligemment peuvent se retourner contre nous. (NDT)